"J'aimerais appeler ma fille Nutella. Comment ça ? Non !"

"Le choix du prénom est, en principe, libre". La loi qui régit la question semble claire mais, au final la norme est floue. Elle précise toutefois que le nom ne peut prêter à confusion ou nuire à l'intérêt de l'enfant. Monique Cassart, Officier de l’état civil à Anderlecht, en dresse les contours: "C'est l'Officier d’état civil qui tranche la question. Il doit veiller à ce que le prénom donné par les parents dans le cadre de l'exercice de l'autorité parentale ne porte pas préjudice à l'enfant. C'est vrai en soi pour le prénom seul mais c'est vrai également dans la combinaison qu'il forme avec son nom". Et l'échevine de nous préciser qu'un petit Jules ne verrait aucune difficulté à voir son nom figurer dans les registres de l’état civil, si du moins ses parents ne s'appellent pas César...

Les prénoms farfelus sont rares

Fleur Deschamps, Berk, Pils ou encore Dieu Samène, autant de prénoms ou de combinaisons qui furent recalés par des administrations. Toutefois, les propositions aussi farfelues sont rares. Les cas les plus fréquents de litiges, ou du moins de questionnements, portent sur une orthographe peu commune (Kévyn pour Kévin par exemple) ou sur un nom d'origine étrangère où le fonctionnaire doit souvent reconnaitre son incompétence.

Une administration outillée

Mais si la règle est floue, en revanche, les administrations disposent d'outils qui leurs permettent de se prémunir de toute décision arbitraire. "En cas de doute, nous consultons le registre national ou les ambassades des pays concernés. Et la plupart du temps, tout finit par s'arranger".

En 1987, le législateur assouplissait un régime en vigueur depuis la Révolution française. Celui-ci stipulait que les prénoms qui pouvaient être choisis étaient limités à ceux qui apparaissent dans le calendrier ou qui avaient été portés par des personnages célèbres. La réforme entamée en 1987 a depuis très largement porté ses fruits...

Alain Dremiere

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK