Invendus alimentaires: en Belgique jeter demeure plus simple même si cela coûte 100€ par tonne

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Alors que 41 millions d'Européens ne peuvent s'offrir un repas quotidien, 51 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année en Europe. Et en Belgique? 

Pour débattre de cette délicate question des invendus consommables sur le plateau d'"A votre avis", Deborah Géradon, député wallonne PS, et Jean-Sébastien Walhin, porte-parole de l'AFSCA avaient répondu à l'invitation de Sacha Daout. 

La législation poussait les grandes surfaces à jeter

La question de la redistribution des invendus alimentaires n'a réellement été prise en considération que depuis 2012. "La législation poussait les grandes surfaces à jeter plutôt qu'à donner à des associations, car elles devaient payer la TVA", explique d'emblée Déborah Géradon. Il a donc fallu modifier cela afin qu'en cas de don la TVA ne soit pas due, ce qui est désormais le cas depuis 2015.

Mais cela ne semble cependant pas avoir permis au système de "redistribution des invendus" de se mettre en ordre de marche. Seulement 5% des invendus seraient finalement utilisés, notamment à cause des problèmes logistiques. "En Belgique, jeter demeure plus simple même si cela coûte 100€ par tonne jetée. Si l'on sait que chaque année, 100 000 tonnes sont jetées...

Les normes sanitaires trop strictes?

Si la logistique peut être pointée du doigt, les normes sanitaires ne sont pas en reste, notamment la surgélation. "C'est facile de donner une conserve ou un paquet de pâtes mais quand il faut donner des produits frais c'est beaucoup plus compliqué. Ce n'est pas parce que les personnes sont dans le besoin que l'on doit bafouer les règles de la sécurité alimentaire", ajoute la députée socialiste.

Et si l'AFSCA a assoupli ses règles, on ne peut pas distribuer tout et n'importe quoi comme le rappelle Jean-Sébastien Walhin, porte parole de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire. "Ces règles sont à l'échelle européenne. Ce que nous avons fait c'est assouplir les règles liées à la traçabilité des aliments, annuler la contribution financière à l'AFSCA pour les banques alimentaires, les restos du cœur et autres associations similaires, tout cela afin de faciliter les dons tout en gardant à l'esprit que des règles de base doivent être respectées."

La récupération d'invendus, une pratique appelée à se développer donc, l'AFSCA a d'ailelurs mis en place des formations pour les responsables d'associations afin d'améliorer les circuits de récoltes et de redistribution. 

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