Intimidations de journalistes par la police lors de la manifestation anti-racisme : l'AJP ouvre un dossier de plainte

Intimidations de journalistes par la police : l'AJP ouvre un dossier de plainte
Intimidations de journalistes par la police : l'AJP ouvre un dossier de plainte - © Tous droits réservés

L’Association des Journalistes professionnels a ouvert un dossier de plainte à propos d’intimidations policières commises lors de la manifestation "Black Lives Matter" ce dimanche à Bruxelles. Les Fédérations européenne et internationale des journalistes se sont associées à cette dénonciation. 

C’est le journaliste Jeremy Audouard qui a pointé ces comportements sur Twitter. Il travaillait pour l’Agence France Presse et filmait une arrestation par la police, en marge de la manifestation, lorsque sa carte de presse et ses papiers d’identité lui ont été momentanément confisqués. "J’avais fini ma journée de travail, j’ai entendu dans une rue adjacente à la Chaussée d’Ixelles qu’il y avait de l’agitation. Plusieurs policiers avaient mis un monsieur à terre. Mon réflexe a été de sortir mon téléphone et de filmer, car l’interpellation était assez musclée. C’est là que ce policier s’est avancé vers moi et a commencé à me crier dessus. Ce que je n’ai pas apprécié, c’est qu’il m’a confisqué ma carte de presse et ma carte d’identité, qu’il a disparu dans la nature avec mes papiers, et que j’ai dû demander à des policiers où il était, pour retrouver mes papiers. Il me les a rendus et m’a dit 'Toi, très bientôt, attends-toi à avoir des surprises'. Ce genre de menace n’est jamais agréable… "

Par ailleurs, Jeremy Audouard souligne que "plusieurs collègues se sont pris des coups de matraque ou autres (de police ou manifestants)".

L’Association des journalistes professionnels a lancé un appel aux journalistes victimes d’intimidations lors de cette manifestation, pour qu’ils se signalent. Martine Simonis, secrétaire générale de l'AJP : "En Belgique, une décision judiciaire récente établit clairement le droit pour les journalistes de filmer la police en intervention dans un lieu public. Elle permet de diffuser l'image en utilisant les mesures de précaution (ne pas porter préjudice à l'honneur, ne pas diffuser des séquences partielles...). Ce droit de filmer est établi. La police ne peut pas empêcher les journalistes de filmer. Elle peut leur demander de s'identifier, c'est à ça que sert la carte de presse émise par le SPF Intérieur. Cela permet au porteur de s'identifier comme journaliste".

L'AJP va faire un dossier de plainte, car à l'occasion d'un contrôle, la police ne peut pas ensuite le menacer de le retrouver. Ce sont des agissements policiers inacceptables dans Etat de droit."

Jeremy Audouard a reçu énormément de réactions de soutien : "On est un pays en haut du classement en termes de liberté de la presse. C’est plutôt rassurant de voir que les gens s’indignent, même si c’est juste une agression verbale."

La Fédération européenne et la Fédération internationale des journalistes ont saisi le Conseil de l'Europe en déposant une alerte ce lundi sur la Plateforme pour la protection du journalisme et la sécurité des journalistes.

La police fédérale n'a pas souhaité réagir à ces événements. La zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles gérait la manifestation, avec l'appui de la police fédérale.


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Manifestation contre le racisme à Bruxelles (JT du 07/06/2020)

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