Interruption de carrière juste pour le plaisir : la fin des allocations

Interruption de carrière juste pour le plaisir : la fin des allocations
Interruption de carrière juste pour le plaisir : la fin des allocations - © MAHMUD HAMS - BELGAIMAGE

L'accord de gouvernement s'attaque aux interruptions de carrière non justifiées. Prendre quelques mois ou un an, simplement pour souffler un peu ou prendre du bon temps ce sera toujours possible. Mais plus question par contre de compter sur un coup de pouce financier de l'ONEM, l'office national de l'emploi. Ces allocations devraient être supprimées.

Aujourd'hui, dans le secteur privé comme dans le public il est possible de faire une pause de quelques mois. On peut avoir une raison particulière : s'occuper de ses enfants, d'un proche malade ou se former, par exemple.

Mais on peut aussi simplement décider de prendre du temps pour soi : partir faire un tour du monde ou  prendre des cours de cuisine. On parle alors d'interruption sans motif. Jusqu'ici l'ONEM offrait un coup de pouce financier aux personnes qui voulaient profiter de ce système : de 100 à 400 euros par mois en général. L'objectif était de favoriser l'embauche. C'est cette allocation qui est aujourd'hui dans le viseur du gouvernement.

Échapper à la pression du travail

Stéphanie, s’apprête à partir pour un voyage de quatre mois en Amérique du sud. "Vu les conditions de travail actuelles, la pression à laquelle on est tous soumis, c'est une chance inouïe d'avoir cette opportunité. Cela permet de se dire ‘je ne donne pas tout à mon employeur mais je peux aussi me faire plaisir’". Stéphanie touchera une allocation de 400 euros mensuels environ.

Inadmissible, pour Christine Lhoste. La secrétaire générale de l'Union des classes moyennes a un avis très tranché sur la question. "Le crédit temps coûte très cher à la collectivité. Vous percevez une allocation à la charge de la société. Vous constituez aussi des droits à la pension, sans travailler et sans contribuer au système ! Les crédits temps qui n'ont pas de motivations spécifiques doivent donc être supprimés. C'est là qu'il faut aller chercher les économies dont on a besoin", tranche-t-elle.

Un choix de société

Des mesures d'économie, mais aussi un choix de société. Car en parallèle, les interruptions de carrières motivées -celles que l'on prend entre autres, pour s'occuper de ses enfants ou d'un proche malade- seront favorisées. Leur durée maximale sera prolongée d'un an. Un choix tout à fait logique pour Christine Mattheeuws, du Syndicat neutre pour indépendant. "Nous n'avons rien contre le fait que quelqu'un choisisse de lever le pied et de prendre du temps pour lui. Mais la société n'a pas à payer d'allocations pour ceux qui n'ont pas envie de travailler, estime-t-elle. Par contre, nous sommes favorables à l'idée d'aider les gens qui ont vraiment besoin de ne pas travailler : ceux qui veulent s'occuper de leurs enfants ou qui ont un enfant handicapé, par exemple."

En 2013, l'ONEM a dépensé près de 80 millions et demi d'euros pour ces interruptions de carrière non motivées, rien que pour le secteur privé. Soit environ un dixième du budget total consacré aux interruptions de carrière et aux temps partiels.

Barbara Schaal

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