Interprète en langue des signes, un métier en pénurie

Ce 23 septembre marque la Journée internationale de la langue des signes. Aujourd’hui en Belgique, 9% de la population, soit environ un million d’habitants en Belgique, souffre d’une déficience auditive selon des chiffres établis en 2016 par la Fédération francophone des sourds de Belgique. Il peut à la fois s’agir de surdité de naissance, de vieillesse ou de surdité professionnelle.

Christiane Broekman est interprète en langue des signes, notamment pour le journal télévisé de la RTBF.

Il n’existe pas de langue des signes universelle comme l’explique Christiane Broekman, interprète en langue des signes notamment pour le journal télévisé de la RTBF. Chaque pays, voire chaque région, parle donc la sienne. "C’est justement la Journée internationale des langues des signes pour insister sur le fait qu’il n’y en ait pas qu’une, et elles sont toujours en lien avec les réalités visuelles d’un pays, du développement social et économique d’un pays", explique-t-elle. "C’est donc une langue qui vit avec la société dans laquelle elle se développe. Ceci dit, des paramètres grammaticaux de la langue des signes sont internationaux et des sourds étrangers peuvent donc se comprendre. Par exemple, la direction de la main, la configuration de la main pour effectuer un signe ou le marquage du temps par la position du corps sont des paramètres de la langue des signes qui font que c’est international et qu’ils peuvent effectivement communiquer entre eux."

La langue des signes s’exprime donc avec tout le corps. "C’est vraiment une langue en trois dimensions. Le visage marque les expressions et le corps peut marquer le temps ou peut insister sur des emplacements ou des éléments grammaticaux", rajoute Christiane Broekman.

Demande croissante

En Belgique, cette langue a été reconnue le 21 octobre 2003 par la Communauté française comme quatrième langue officielle de Belgique. Et la date du 23 septembre n’est pas par hasard comme l’explique l’interprète : "C’est aussi la création de la Fédération mondiale des sourds un 23 septembre 1951 et c’est également le lancement de la Semaine internationale des sourds en septembre 1958. C’est vrai qu’aujourd’hui c’est la Journée internationale des langues des signes, mais il y aura toute la semaine des événements concernant cette langue des signes un peu partout dans le monde, avec chaque fois une thématique concernant la langue des signes, que ce soit la langue des signes et les femmes, la langue des signes et les réfugiés, la langue des signes et les enfants, etc. Chaque jour va donc avoir sa thématique et ça va se terminer le samedi par la Journée mondiale des sourds qui aura lieu à Marche-en-Famenne, organisée par la Fédération francophone des sourds de Belgique".

Au niveau des demandes venant des employeurs du monde politique et de l’événementiel, le besoin ne cesse de croître. Un constat confirmé par Christiane Broekman. "Au niveau de notre travail en tant qu’interprètes en langue des signes, les demandes ont fort encore augmenté, mais ont également évolué dans les types de demandes. Avant, c’était beaucoup plus ce qu’on appelle des interprétations de liaison, c’est-à-dire la personne entendante en présence d’une personne sourde avec son interprète. Maintenant on se retrouve aussi avec des demandes venant de l’employeur, du politique pour les congrès ou de l’événementiel, comme des concerts, des pièces de théâtre, etc".

Le métier reste toutefois en pénurie malgré le fait que des formations et des masters existent depuis 5 ans, notamment à l’école Marie Haps.

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