Interpol ferme des milliers de fausses pharmacies en ligne

Pangea XIV est le nom de cette opération menée par Interpol avec la police et les douanes de 92 pays aux quatre coins du monde. Après avoir passé au crible des dizaines de milliers de sites web, ils en ont fermé 113 020. Il s’agissait de fausses pharmacies vendant des médicaments et des produits médicaux contrefaits.

Il s’agit "du nombre le plus élevé depuis la première opération Pangea en 2008", annonce Interpol en détaillant les résultats de cette enquête qui a permis de fermer des milliers de sites web et de contrôler environ 710 000 colis dans les 92 pays participants. 113 020 sites internet ont été clôturés : au total, se félicite l’agence, ils ont saisi "quelque neuf millions de dispositifs médicaux et de produits pharmaceutiques illicites".


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Si l'action a eu lieu maintenant, elle a permis de mettre en avant une série de problématiques soulevées par la pandémie: entre crise sanitaire, fermetures temporaires des commerces physiques, même les activités illicites ont voulu surfer sur la vague du commerce en ligne. "La criminalité n'a pas tardé à cibler de nouveaux 'clients'", a déclaré le secrétaire général d'Interpol Jürgen Stock, mettant l'accent sur les victimes de ce commerce illégal, à savoir des consommateurs parfois ignares de l'arnaque dont ils font l'objet.

Au Royaume-Uni, à titre d'exemple, trois millions de faux médicaments et faux dispositifs médicaux ont été saisis, pour une valeur totale de 13 millions de dollars. Et c'est sans compter les 3100 liens publicitaires qui ont été supprimés car ils renvoyaient vers des ventes illégales de médicaments ou de médicaments non autorisés.

De différents types de médicaments

Parmi les biens saisis se trouvaient plusieurs types de médicaments très différents : des vitamines ou analgésiques faux jusqu’aux stéroïdes anabolisants ou à des médicaments sédatifs ou antiseptiques. Même des médicaments contre le cancer ont été séquestrés.

Après l’opération, Interpol tient à alerter le public sur les dangers liés à ces médicaments : entre dates de péremption modifiées, incertitude sur les modalités de conservation ou encore, mauvais mélange des substances actives (en cas de proportions non respectées), les autorités reconnaissent que ce trafic est encore très intense et qu’un effort de sensibilisation doit être fait pour que les acheteurs soient conscientisés.


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Le covid est passé par là aussi

Au cours de l’opération, Interpol, les polices et les douanes mobilisés ainsi que les autorités de contrôle sanitaire ont remarqué à quel point les produits liés à la crise sanitaire ont connu un véritable essor. Ils ont en fait constaté que "plus de la moitié des dispositifs médicaux saisis durant l’opération étaient des tests covid faux ou non autorisés".

L’opération, menée entre le 18 et le 25 mai, a été accompagnée de 277 arrestations dans le monde et d’une saisie de ces produits pour une valeur de plus de 23 millions de dollars. Par exemple, les autorités italiennes ont pu saisir plus de 500.000 masques chirurgicaux non conformes et 35 machines utilisées pour les produire et les emballer.

"Alors que la criminalité continue d’évoluer pendant la pandémie de Covid-19, les autorités doivent rester vigilantes afin de démanteler les réseaux criminels impliqués dans la prolifération de produits pharmaceutiques illégaux, notamment sur les plateformes en ligne ", a déclaré le chef du Bureau central national d’Interpol aux Philippines, Allan. C. Guisihan.

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Un faux test covid © Interpol
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Des médicaments bien cachés

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Dans certains cas, les médicaments étaient bien cachés : beaucoup d’entre eux ont été retrouvés dans des bijoux, des jouets, des vêtements, des produits pour enfants ou… Dans des boîtes de conserve.

Illustration parfaite au Qatar, où les autorités ont découvert 2805 comprimés dans des boîtes de haricots.

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