Internet: gare aux "euro-mythes"

Les euro-mythes
Les euro-mythes - © RTBF

De nombreuses légendes circulent sur le net et lorsqu’elles concernent la législation européenne, on les appelle des "euro-mythes". Elles sont, le plus souvent, le fait d'eurosceptiques, et d'amateurs de la théorie du complot.

Prenons le fait d’une information qui s’est propagée sur la toile durant des mois, annonçant l’interdiction de toutes les plantes médicinales dans l'Union européenne. Il ne s’agissait en réalité que d’une rumeur extrapolant une nouvelle directive européenne règlementant les médicaments à base de plantes. Une pétition a même circulé pour dénoncer le scandale.

Les herboristes, premiers concernés par cette information surprenante, ne semblent pas s’affoler par le phénomène, contrairement à leurs clients. Hugo Desmecht, herboriste, témoigne : "nous essayons de rassurer nos clients en leur précisant qu’il ne s’agit là que d’intox et que la situation reste inchangée".

L'"Europe" dénonce et nuance

Dans ce cas-ci, une directive européenne sur les plantes médicinales a bien été adoptée en 2004 et est entrée en vigueur en ce mois d'avril. Mais en aucun cas, elle ne rend illégale la mauve qui calme la toux, ou encore le schisandra qui déstresse. L'info qui circule sur le net est de la désinformation. Pour Frédéric Vincent, le porte-parole du commissaire européen à la Santé,  "il est erroné d’accuser l’Europe de vouloir mettre fin à quelque chose. Les produits en question resteront bien sur le marché, mais on ne réussi à prouver les qualités qu’ils sont sensés amener, ils devront alors se présenter comme autre chose qu’une herbe médicinale; ce pourrait être par exemple, un complément alimentaire".

Ce type de légendes baptisées "euro-mythes" à la commission européenne, viennent alimenter une idée reçue, à savoir : "Bruxelles" et ses fonctionnaires grassement payés veulent nous compliquer la vie et décider de tout.

Pour le représentant de la commission européenne, Willy Helin,  la championne hors catégories de ce type de rumeurs est la presse populaire "voire populiste" britannique, dit-il, "qui invente des histoires invraissemblables en prétendant par exemple que l’Europe entre guillemets ne veut plus de concombres incurvés ou encore qu’elle interdirait à un boucher de donner un os à ronger à un chien ».

La liste de rumeurs est longue et les eurosceptiques tout comme certains commerciaux ont de l'imagination : lorsque l'on réagit à l'une de ces fausses rumeurs en signant des pétitions, on marque un intérêt pour le sujet, et on devient ensuite une cible publicitaire de choix, puisque nous avons fourni nos coordonnées. La vigilance est donc de mise en la matière.

I.L. avec Julie Morelle

 

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