Blankenberge : interdire les excursionnistes dans une commune ? C'est légal !

Les incidents nés ce samedi à marée haute sur la plage de Blankenberge ont effrayé des estivants. Afin de prévenir une réplique, les autorités communales ont interdit ce dimanche l’accès de ce territoire à des excursionnistes. Un arrêté communal pris quelques heures après que ce différend entre plagistes et policiers a dégénéré en bataille rangée, à coups de parasols et de bouteilles.

Le but est légitime : éviter toutes sources de tension, telle qu’un surnombre de visiteurs à marée haute, la plage locale étant alors l’une des plus étroites du littoral belge.

Détenir une preuve

Qu’indique cet arrêté communal ? Que ce dimanche 9 août, l’accès à Blankenberge, par quelle voie que ce soit, est autorisé aux seuls résidents (résidence secondaire incluse), propriétaires ou locataires d’une cabine de plage, vacanciers (donc : de longue durée), travailleurs. Ou encore : si vous avez réservé des places pour un événement ou dans un restaurant.

À l’occasion d’un contrôle policier, prière d’exhiber un élément de preuve.

Autrement dit : un séjour d’un jour est interdit. Excursionniste, passe ton chemin. Les fauteurs de troubles de la veille semblaient, de fait, en être.

La bourgmestre est juriste

Comme nous pouvons le lire sur le site de la ville : "een time-out is nodig". Comparons cette situation au "temps mort" que demande un entraîneur au basket ou en volley. Une interruption du jeu pour refaire le point entre soi.

"Préserver, garantir la sécurité publique, la tranquillité, la salubrité est bien dans les attributions d’un bourgmestre", commente François Tulkens, professeur, notamment de droit administratif, à l’Université Saint-Louis.

En l’occurrence, il s’agit une bourgmestre, Daphnée Dumery (N-VA).

Cette juriste de formation semble avoir posé toutes les bases juridiques à cet arrêté.

Motivé, il est publié sur le site de la commune.

François Tulkens l'a lu attentivement: "est-il discriminatoire? Non, il concerne une catégorie de voyageurs, sans distinction d'aucune sorte, de revenus par exemple. Il se fonde sur les incidents de la veille et expose plusieurs arguments, notamment l'heure de la marée, 18h03, la crainte d'une sur-population sur la partie encore disponible de la plage sans respecter la distanciation physique. Or, les règles sur le Covid-19 sont strictes. La lutte contre la pandémie peut aussi se faire au plan local en fonction des circonstances".  Et la mesure est temporaire.

Des mesures préventives?

Cette limitation dans le temps est l'une des deux distinctions avec l'arrêté communal de Knokke.

"Tout d'abord, Knokke se fonde sur des incidents dont on ne rapporte pas le contenu. Justifient-ils une mesure aussi large et peut-être disproportionnée?

Ensuite, cet arrêté ne fixe aucune durée. Il est dès lors contestable."

Quant à prendre des mesures préventives en vue du week-end suivant (samedi 15 août)..."Prioritairement, il faut tirer un bilan de ce dernier week-end. Et le mettre en parallèle avec l'évolution de la pandémie."

Tout ce qui a été décidé, arrêté, ces dernières heures est par conséquent sujet à révision.

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