Interdiction des pesticides tueurs d'abeilles: quand Macron s'attribue à tort les mérites

Interdiction des pesticides tueurs d'abeilles: quand Macron s'attribue à tort les mérites
Interdiction des pesticides tueurs d'abeilles: quand Macron s'attribue à tort les mérites - © Boris Roessler - BELGAIMAGE

Depuis ce 1er septembre 2018, l'utilisation de pesticides néonicotinoïdes est interdite en France. Disponibles depuis les années 1990, ces pesticides, surnommés tueurs d'abeilles, sont les plus utilisés au monde pour lutter contre les cultures de chenilles, pucerons et autres insectes ravageurs.  

Le problème est que leur utilisation a un impact dévastateur sur les abeilles au point que les colonies d'abeilles sont en déclin. 

En avril dernier, l'Union européenne a décidé d'interdire l'usage de trois (il y en a cinq autorisés jusqu'ici en Europe) de ces pesticides néonicotinoïdes dont l'application entrera en vigueur complètement le 19 décembre. 

La décision française va donc plus loin et Emmanuel Macron n'a pas manqué l'occasion de s'enorgueillir en attribuant tous les mérites à son gouvernement dans un message posté sur Twitter : 

Le problème est que cette décision est une application de la loi biodiversité votée en 2016, sous la précédente législation lorsque François Hollande était encore président. Ce que n'a pas manqué de lui rappeler cette association de mobilisation citoyenne :

"Tout ce que le gouvernement d’Edouard Philippe a fait, c’est de prendre, le 1er août 2018, le décret qui précise les conditions d’application de la loi, et lui a permis d’entrer en vigueur le 1er septembre, comme le prévoyait la loi de 2016", a pour sa part ajouté le journal Le Monde.

Le détail qui tue

Le quotidien français ajoute que "les macroniens se sont également abstenus de rappeler que le gouvernement a été tenté un temps de revenir sur la loi de 2016. En juin 2017, Edouard Philippe a finalement tranché en faveur de Nicolas Hulot, et contre le ministre de l’agriculture Stéphane Travert, qui plaidait pour un encadrement moins rigoureux des néonicotinoïdes".

La France, premier pays européen à interdire ces pesticides?

Le tweet de l'Elysée affirme également que la France est le premier pays européen à interdire tous les néonicotinoïdes. 

"Vrai", affirme Valérie Xhonneux chargée de mission Santé-Environnement chez Inter-Environnement Wallonie. "La question maintenant est de savoir si la France va donner des dérogations à certains secteurs", ajoute-elle. 

Le gouvernement français s'autorise, en effet, le droit d'accorder des dérogations au cas par cas jusqu'au 1er juillet 2020. Mais elles ne seront délivrées que pour des produits à base d'acétamipride, et dans de "faibles volumes", a assuré le ministère de la Transition écologique.

Qu'en est-il en Belgique?

La Belgique, elle, se limite à l'interdiction émise par l'Union européenne

"Le ministre fédéral de l'Agriculture, Denis Ducarme (MR), s'est même engagé à aller chercher des dérogations pour secteur betteravier, par exemple", précise Valérie Xhonneux. 

C'est également le cas pour le secteur de la chicorée qui affirment ne pas avoir d'autres alternatives efficaces dans l'immédiat. 

Les abeilles disparaissent dans Vews du 21/05/2018

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