Inondations: "Cette solidarité donne le courage pour continuer", affirme ému le directeur du Centre de crise

Suite aux inondations de cette fin de semaine, le Centre de crise a dressé l'état des lieux en Belgique. Au total, la Belgique déplore 31 décès et 127 disparus suite aux inondations. 19 personnes ont été identifiées.  

La première à prendre la parole a été la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden. Ses premières phrases ont été consacrées à la solidarité et à l'entraide auxquelles elle a assisté lors de cette catastrophe. "La solidarité que j'ai vue est réconfortante", a-t-elle ajouté, avant de préciser que désormais, la Belgique nécessite d'aide financière. 

"Je lance d'ores et déjà cet appel: outre la réserve de biens, il y a besoin d'aides financières pour répondre de manière souple aux besoins. C'est actuellement le meilleur moyen d'aider". Pour le faire, il suffit de verser de l'argent sur le numéro de compte de la Croix Rouge. 

Parler d'aide et de solidarité a été également l'occasion pour la ministre de donner quelques détails sur les cérémonies prévues pour la fête nationale du 21 juillet, qui mettra à l'honneur les "héros belges". 

Après ces détails, la ministre a voulu mettre l'accent sur les jours d'après et la reconstruction: "Aujourd'hui, cinq jours après les intempéries, nous devons tourner le regard vers l'avenir et vers la phase de déblaiement et de reconstruction. Le gouvernement fédéral continuera à suivre la situation de près. Dans le cadre de la phase fédérale, notre tâche consiste à préparer la phase de reconstruction, en facilitant les discussions entre les acteurs concernés et en continuant à soutenir les autorités locales"

"La phase de rétablissement est en cours de préparation"

Ensuite, c'est le directeur général du Centre de crise qui a pris la parole: Bart Raeymaekers a rappelé l'urgence de la reconstruction.

"La phase de rétablissement est en cours de préparation", a-t-il détaillé. "Les services concernés prennent le relais pour organiser les travaux de nettoyage et de reconstruction. Cette nouvelle phase s'organise avec les entités fédérés, avec les entreprises de services publics et les services de télécommunications, a-t-il précisé. Il est important de noter que ces opérations de nettoyage ne sont pas sans danger." 

Il a alors rappelé quelques consignes à respecter : 

- n'entrez dans une habitation que si lumière du jour est suffisante;

- si vous entendez une odeur de gaz et/ou que l'interrupteur d'électricité a été inondé, veuillez quitter les lieux et contacter votre compagnie de gaz/d'électricité;

- méfiez-vous des sols et des murs instables, des trous, des morceaux de verre et des déchets dangereux,

- prenez des photos des endroits endommagés. Celles-ci peuvent être utiles pour votre dossier d'assurance.

Pour rappel, l'ensemble des mesures de précaution est à retrouver sur le site  https://centredecrise.be/fr. "Le nettoyage est une tâche extrêmement exigeante tant au niveau physique qu'émotionnel", a encore rappelé le directeur général.

Il a également rappelé que le numéro de référence pour les victimes est le 1771, tant pour les questions pratiques que pour les individus ayant besoin de soutien psychologiques. Pour l'instant, ce numéro a reçu 3285 appels. 


►►► A lire aussi : Inondations : les assureurs promettent de dédommager rapidement les sinistrés


 

Désormais, le Centre de crise national poursuit son travail avec les gouverneurs des provinces afin de définir les besoins sur le terrain et faciliter le travail des autorités compétentes.

"Je tiens à remercier les services de secours et les autorités pour leur engagement. Pour de nombreuses personnes, cette catastrophe s'ajoute à la crise covid: tout le monde espérait un été plus calme, mais le destin en a voulu autrement. Les gens passent au-dessus de leur fatigue afin d'apporter de l'aide dans cette situation. Ce sont les pires moments qui font émerger le meilleur de l'être humain. Cette solidarité donne le courage pour continuer. L'union fait la force", a-t-il conclu, visiblement ému. 

La Police fédérale a déployé quelques 5000 policiers entre le 14 et le 18 juillet

Parmi les intervenants, il y avait également Marc De Mesmaeker, de la Police fédérale. Il a pris la parole pour faire le point sur les interventions de la police locale et fédérale: entre le 14 et 18 juillet, quelques 5000 policiers ont été déployés, tant au niveau de la police fédérale que locale.

Dans les zones touchées des provinces de Limbourg, Brabant flamand, Namur, Luxembourg et Liège, les policiers ont dû s'occuper de l'évacuation des personnes, des opérations de sauvetage, de la recherche de personnes disparues, de la délimitation des périmètres des zones non accessibles, de surveillance des magasin (afin d'éviter les pillages) et de gestion du trafic et des routes inaccessibles. Dans les zones les plus touchées, a-t-il encore expliqué, les unités de la police locale ont été déployées avec l'appui de la police fédérale.

"Des collègues sont revenus de vacances spontanément, tout comme celles et ceux qui étaient en pré-retraite. Ils nous ont rejoint pour nous aider. 90 volontaires par jour en provenance de la Police de Bruxelles ont aidé en territoire liégeois. Je salue la disponibilité et l'engagement de tous nos membres du personnel", a-t-il affirmé. 


►►► A lire aussi : Eau potable, électricité, mobilité : le bilan province par province ce lundi 19 juillet après les inondations en Wallonie


 

Quant aux interventions actuelles, Marc De Mesmaeker a rappeler que la Police devra s'occuper du rétablissement de la mobilité et de la prévention des pillages. "A partir d'aujourd'hui, les équipes de la cellule des personnes disparues ont commencé des recherches ciblées de corps dans les masses de débris et de déchets laissés par les inondations"

1 images
© Belga

Les zones de secours ont apporté leur aide, mettant à disposition du matériel et du personnel

En matière de protection civile, Nicolas Tuts rappelle à quel point les zones de secours ont apporté de l'aide. La Province de Liège a reçu le renfort de nombreuses zones de secours, notamment la zone Wapi du Hainaut, la zone Hainaut centre, celle de Oostvlaanderen, celle d'Anvers et de la part du Siamu de Bruxelles. 

Ces zones ont mis à disposition du matériel et du personnel. Pas moins de 100 pompiers ont apporté leur aide entre le 14 et le 16 juillet. Actuellement, ce sont 200 pompiers supplémentaires qui apportent leur aide à Liège. 

Les équipes de la Protection civile sont intervenues dès le début des inondations, aidant notamment les équipes à sauver les personnes bloquées par les eaux.

La mise en place de drones a permis d'agir immédiatement, alors que les hélicoptères n'étaient pas en mesure de décoller. Depuis le 16 juillet, les opérations se concentrent sur le pompage dans le Limbourg, le Brabant wallon, à Liège ou Namur. Désormais, les équipes s'occupent du déblaiement des territoires, notamment en province de Liège.

Parmi ses nombreuses tâches, la Protection civile a pu agir avec les services fédéraux, tout en gérant également la plateforme de gestion logistique qui centralise les demandes des Provinces. Elle est toujours active dans la recherche et l'identification des victimes, mettant à disposition ses installations.


►►► A lire aussi : Inondations en Belgique : faut-il déménager ou rester près d’un cours d’eau ?


Le mécanisme européen de protection civile a été mis en place pour la première fois en Belgique: cinq pays européens tels que le Grand-Duché de Luxembourg, l'Italie, l'Autriche, la France et les Pays-Bas sont venus en aide. Au total, ce sont plus de 300 sauveteurs qui ont été déployés grâce à ces aides. C'est sans compter le matériel que ces pays ont apporté à la Protection civile. Ces équipes ont quitté hier la Belgique.

Nicolas Tuts a également dressé le bilan des appels reçus. Sans rentrer dans le détail, le 15 juillet, le 112, rien qu'à Liège, a reçu plus de 11.000 appels. Cela représente, au pic des appels, plus de 900 appels par heure dans le Liégeois. Le 1722 a été aussi très sollicité: le pic a été atteint le 15 juillet, avec plus de 10.000 appels en province de Liège.

"On contribue à l'assistance de nos concitoyens dans un élan de solidarité"

Le dernier à intervenir a été est Vincent Descheemaeker, de la Défense. Il a commencé par dire un mot sur les victimes, en manifestant sa compassion à l'égard des événements. Ensuite, il a détaillé les actions menées par la Défense dans le cadre des inondations.

L'aide d'urgence a été déclenchée au niveau fédéral. Un officier de liaison a permis de coordonner les moyens de la Défense et de les orienter vers les endroits les plus touchés, a-t-il expliqué en rappelant l'importance de la coopération et de la flexibilité. "On contribue à l'assistance de nos concitoyens dans un élan de solidarité", a-t-il poursuivi. Les volontaires sont très nombreux: comme pour la Police, ils sont nombreux à être revenus de congés pour apporter leur aide. 

A partir de cette semaine, le personnel nécessaire sera affecté à de différentes tâches pour ne pas surcharger les Provinces et dans l'objectif d'assurer ce support "dans la durée. Et cela, aussi longtemps que nécessaire". La Défense fournira alors du matériel mais aussi ses compétences, afin "d'apporter sa pierre à l'édifice".

Un nouveau bilan des victimes devrait être rendu public dans le courant de l'après-midi. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK