Belgique: une accordéoniste Italienne menacée d'expulsion

En Belgique, l’expulsion de ressortissants européens  devient de plus en plus courante.
En Belgique, l’expulsion de ressortissants européens devient de plus en plus courante. - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

L'affaire se passe à Bruxelles et fait grand bruit dans les médias italiens et même européens. Elle a ému jusqu'à l'ambassadeur d'Italie en Belgique qui a reçu hier en rendez-vous Silvia Guerra. Pourtant, l'ordre de quitter le territoire qu'a reçu cette artiste de 38 ans a de quoi étonner. Ressortissante européenne, elle travaille et est bien intégrée en Belgique. Et Silvia Guerra est loin d'être la seule dans le cas.

Selon des chiffres rendus publics récemment, de plus en plus de ressortissants de l'Union européenne sont expulsés de Belgique. De 343 expulsions en 2010, le nombre est passé à 1918 expulsions de ressortissants européens en 2012.

Installée à Saint-Gilles depuis trois ans avec son fils, Silvia Guerra est accordéoniste. Elle a d'abord travaillé sous contrats d'artistes ponctuels.

Mais depuis un an, elle dispose d’un travail fixe sous contrat article 60, explique l’artiste italienne: "C’est un contrat d’insertion, donc l’Etat participe financièrement à une partie de mon salaire. En article 60 on travaille 37 heures par semaine, et on a une fiche de paie." Des arguments que Silvia Guerra utilise pour attester de son intégration en Belgique. "3 ans de vie dans un pays est la preuve indiscutable du processus d’intégration. Et trois ans, pour mon enfant, c’est la moitié de sa vie ".

Un ordre d’expulsion suspendu durant le recours

Le 20 novembre dernier, Silvia et son fils ont pourtant reçu un ordre de quitter le territoire.

Dominique Ernould, porte-parole de l'office des étrangers, argumente que "Malheureusement, ce n’est pas considéré comme un travail normal effectif. C’est un travail qui, en plus, est subventionné par les autorités publiques fédérales. Donc cette dames est considérée comme une charge déraisonnable pour le système belge d’aide sociale".

La libre circulation des travailleurs au sein de l'Union européenne a donc des limites que constate avec amertume Silvia Guerra: "La libre circulation pour moi, c’est une façade. Qu’est-ce qui compte maintenant? Selon moi pour l’Europe, c’est la production et la consommation".

Silvia Guerra a décidé de sa battre. Elle a introduit un recours qui lui permet aussi de rester provisoirement en Belgique

Jérome durant

 

 

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