"INsécurité routière": les Belges attendent plus de sévérité

Le bilan dressé par l'IBSR est sans appel, en 2011, le nombre de tués sur nos routes a augmenté de manière alarmante avec 770 tués sur place. Et la multiplication des contrôles d'alcoolémie et les campagnes de sensibilisation n'y changent rien. Conséquence : la Belgique est l'un des moins bons élèves de la classe européenne, loin derrière la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas.

L'IBSR a mené une enquête nationale, elle devrait l'aider dans ses campagnes de sécurité routière. Objectif: réduire de moitié le nombre de tués sur la route d'ici 2020, en passant à 385 dans 7 ans. Et en mettant le citoyen à contribution.

Des enquêtes téléphoniques ont été réalisées en octobre 2012 auprès d’un échantillon représentatif de 2241 Belges de plus de 16 ans.

Une personne sur 5 connaît quelqu'un impliqué dans un accident mortel. Cette situation ne fait pas la différence entre eux et les Belges qui n’en connaissent pas au niveau du sentiment d’insécurité et de l’adhésion sociale en faveur de mesures.

Il apparaît aussi que 8% des répondants ont été impliqués eux-mêmes dans un accident avec des dégâts matériels et 2% dans un accident corporel en 2012.

Alcool au volant

Les Belges sondés estiment que la conduite sous l’influence de drogues illicites et la conduite sous l’influence de l’alcool est un des comportements les plus dangereux dans la circulation. Rouler à vélo dans le noir sans éclairage ou sans gilet fluo est aussi jugé dangereux, surtout par les automobilistes. A l'inverse, cyclistes et piétons pensent que rouler trop vite est surtout un facteur de danger. 

L’IBSR veut attirer l’attention sur le fait que tous les usagers doivent prendre leurs responsabilités pour parvenir à un trafic plus sûr.

Voici les 5 principales causes d’insécurité routière en Belgique d’après les répondants :
1. vitesse excessive et inadaptée
2. problèmes d’infrastructure
3. style de conduite dangereux  
4. conduite sous influence
5. non-respect du code de la route.

Approche plus sévère

Comment faire changer les comportements? Les Belges comptent sur l'assistance de tiers, en l’occurrence de la police.

Les mesures les plus populaires sont celles-ci:
1. plus de contrôles à l’assurance (94% d'adhésion)
2. alcolock obligatoire pour les récidivistes (84% d'adhésion)
3. cours de circulation routière obligatoires dans le secondaire
4. plus de contrôles alcool (90% d'adhésion)
5. limiteur de vitesse obligatoire pour les récidivistes.

Si une large majorité des sondés sont partisans d'une augmentation des contrôles d'alcool, il faut aussi rappeler qu'une récente enquête indique que 26% des personnes interrogées reconnaît avoir conduit sous influence au cours du mois écoulé. Une partie de ces chauffeurs demande donc aussi plus de contrôles pour les aider à changer de comportement.

Ce sont surtout les aînés qui veulent des contrôles de la vitesse, par contre une majorité souhaite une augmentation du nombre de contrôles d'alcool. Même les conducteurs qui ont roulé sous influence...

Le bon élève suédois

Le champion en la matière est depuis longtemps la Suède. C'est l'avis de l'IBSR (écoutez Benoît Godart de l'IBSR au micro d'Alain Carlier à ce sujet, ci-contre). Ce pays qui compte 9,5 millions d'habitants recense moins de 170 tués dans des accidents de la route en 2011. Le fruit de Vision zéro, un programme de réformes lancé voici dix ans et qui est devenu une véritable cause nationale.

A Stockholm, une ville qui compte 1 250 000 habitants à la circulation dense et pourtant fluide. Un paradoxe qui n'est qu'apparent car ici tout a été pensé pour la sécurité routière. C'est par une décision très spectaculaire que l'évolution de la sécurité routière a commencé en Suède.

En 1967, le pays est passé en une nuit de la conduite à gauche à la conduite à droite. Le début d'une série impressionnante de réformes qui s'appuient sur une grande idée forte: les accidents mortels ne sont pas une fatalité.

Les Suédois ont alors abordé le problème par tous les angles possibles. Il a fallu dix ans pour revoir la construction des routes, y installer 11 000 radars, doper la recherche automobile et convaincre les Suédois que conduire prudemment, c'est une vraie valeur suédoise.

Ecoutez les reportages de Thierry Vangullick ci-contre.

RTBF

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK