Inondations : pour certains enfants sinistrés, c’est un traumatisme

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© Belga

Parmi les sinistrés des récentes inondations, il y a des enfants. Des enfants en perte de repères, sujets aux angoisses, aux cauchemars. Parce qu’au même titre que les adultes, ils ont été confrontés à une situation particulièrement anxiogène. Et voir leurs parents désemparés peut accentuer leur traumatisme.

C'est le cas d'Elias, un petit garçon de sept ans. La semaine dernière, les inondations ont détruit sa maison à Pepinster. Dans la précipitation, il a été contraint d’évacuer le domicile avec sa mère et son petit frère de trois ans. Et depuis lors, il est sujet aux angoisses.

Elle a dit 'on prend les affaires et on part'

"Ma mère a vu l’eau sortir de la porte. Et puis elle a dit 'on prend les affaires et on part'", se souvient Elias. "Elle ne m’a pas beaucoup parlé parce qu’elle était en panique, elle allait dans tous les sens."

Ce n’est que plusieurs jours plus tard qu’Elias remet les pieds dans la maison. C’est là qu’il développe les premiers signes d’un possible choc post-traumatique. "Le soir j’avais un peu peur. Et puis des fois j’avais trop peur alors je vomissais un peu. C’est le stress."


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"Il m’a sorti juste une phrase qui m’a marquée. Il m’a dit qu’il ne voudrait plus revenir habiter là-bas", explique Fadoua, la maman d’Elias. Depuis, mère et fils tentent d’éviter le sujet, ils ont du mal à mettre des mots sur les maux.

"J’ai du mal à m’exprimer, parce que quand j’en parle après je repense à quand il y avait toute l’eau dans le jardin. Et ça me fait encore plus peur."

Des parents désemparés

Le problème, c’est que les parents sont eux-mêmes submergés. "Le parent est dans le faire et non plus dans l’être. Or l’enfant l’attend dans l’être, donc ça l’insécurise", analyse Christelle Gerlach, pédopsychiatre à Verviers.

Pour protéger le parent, l’enfant entre alors dans une forme de retrait. "Mais si ce retrait persiste trop longtemps, alors ça a un impact sur le développement psychique de l’enfant."

Initiative à Pepinster

Pour soulager les parents, une garderie est mise en place dans une école de Pepinster : sept jours sur sept et gratuitement. "C’est aussi des moments de répits. Ils se retirent de situations où dans lesquelles ils ne reconnaissent plus leur quotidien : il n’y a pas d’eau, il n’y a pas d’électricité. Donc ici ils sont dans une bulle", constate Doris Quadflieg, échevine de la jeunesse à Pepinster.

Dans cet espace, les enfants peuvent tenter de rattraper leurs heures de sommeil, mais aussi de se livrer sur ce qu’ils ont vécu. Car si les enfants font les grands et qu’ils contiennent leurs larmes pour préserver les parents, c’est aussi parce que l’angoisse se manifeste autrement chez eux.

"Elle ne parle pas. Elle dessine la maison, de l’eau, la famille… C’est comme ça qu’elle évacue" explique Carine, maman d’une enfant sujette aux angoisses.

Soutien psychologique

Ces enfants sinistrés auront probablement besoin d’un soutien psychologique. Mais les moyens manquent. Dans les centres d’accueil, par exemple, comptez des mois d’attente.

A noter que si vous cherchez un soutien psychologique, il faut composer le 1771. Ou, dans le cas de Verviers grand arrondissement, Vesdre et Hoëgne, le 0474/39.44.54. Cette ligne est issue d’une initiative d’un Relais social urbain verviétois, en collaboration avec le Résme. Les demandes sont alors accueillies et transmises aux partenaires de la santé mentale adéquats.

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