Inondations en Belgique : en termes d’aménagement du territoire, ces fortes pluies sont une "piqûre de rappel"

Les inondations historiques de ces derniers jours remettent au premier plan la question de l’aménagement du territoire. Beaucoup de maisons wallonnes sont effectivement construites sur des zones inondables. Sur base des prévisions hydrologiques, pouvions-nous prévoir ces événements ?

Les pluies du siècle

Pierre Archambeau, ingénieur chargé de cours à l’Université de Liège et spécialiste de la modélisation des impacts hydrologiques pointe tout d’abord le caractère extrême de ces inondations.

"L’IRM dans son dernier communiqué, a identifié que les événements de pluie, en tout cas localement, ont largement dépassé la période de retour de 100 ans", confirme-t-il.

Pour autant, beaucoup de foyers wallons sont bâtis sur des zones inondables. Et les intempéries actuelles n’ont pas démontré le contraire. Or, d’après les rapports du Giec, le nombre d’inondations risque d’augmenter à l’avenir.


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Il faut donc rappeler l’importance de prendre des mesures au niveau de l’aménagement du territoire, mais aussi de conscientiser les habitants et les communes.

D’après Pierre Archambeau, cette problématique n’est pas nouvelle. "Depuis 2006, la région Wallone, établit une carte d’aléas d’inondations. Les cartes sont mises à jour en fonction des nouvelles données." Cet outil est à disposition des communes, mais aussi de toutes les personnes qui doivent analyser des projets en zone inondable.

"On a donc une vue claire", juge l’ingénieur. "Je ne prétends pas qu’elle soit parfaite. On exploite les meilleures données à disposition à un instant T. Bien entendu, l’événement que l’on a subi va participer à une meilleure connaissance du résultat."

Un outil "pas assez exploité"

L’outil est donc à disposition, mais "il n’est sans doute pas encore nécessairement suffisamment connu, ni suffisamment exploité."

Mais si les communes sont parfois réticentes à agir, c’est aussi parce que la valeur du terrain est en jeu. "Si vous avez un terrain en zone rouge – et en zone rouge il y aura une demande d’avis qui ne sera pas forcément positive de la part du gestionnaire – il y a inévitablement une perte de valeur. Sans compter les conséquences que cela peut avoir pour les propriétaires de terrains, que ce soit les communes ou les privés."


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Certes, on a été dans une logique d’étalement en matière d’urbanisme, cela pendant des décennies. Mais les événements de ces derniers jours, "c’est une piqûre de rappel."

"Les dernières grosses inondations à large échelle datent de 93, 95. Ces intempéries nous rappellent qu’il est sans doute temps de remettre la thématique inondation sur le devant de la scène."

 

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