Inondations de juillet : le WWF pointe du doigt les monocultures d'épicéas, qui créent des sillons favorisant le ruissellement

Les inondations dévastatrices qu’a connu la Wallonie mi-juillet ont été aggravées par le manque de forêts naturelles en amont des cours d’eau et des villages, dénonce vendredi le WWF-Belgique, se basant sur l’avis de ses experts. Dans la ligne de mire de l’association de protection de la nature, les sillons creusés pour évacuer rapidement l’eau des monocultures d’épicéas, résineux exploités dans l’Est de la Belgique pour leur bois de construction.

D’après le communiqué, les épicéas sont des arbres qui ne supportent pas de rester "les pieds dans l’eau". Des fossés sont donc creusés pour favoriser un écoulement plus rapide. Pire, comme il n’y pousse quasiment pas d’autre végétation, le sol de ces sillons est érodé, augmentant encore la vitesse de ruissellement.

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L’énorme excédent d’eau tombé lors des intempéries de juillet, a donc pu dévaler vers les zones les plus basses, sans réelle entrave naturelle, venant gonfler les cours d’eau et les réservoirs en contrebas, avec les conséquences désastreuses que nous connaissons.

Les experts du WWF ont constaté que certains des sillons ont carrément été emportés par la grande quantité d’eau provenant des forêts.

"Le WWF demande que la Belgique cesse de drainer les espaces naturels et fasse de la place à la nature, comme les forêts mixtes avec beaucoup de biodiversité. Avec les zones humides, ces forêts ont une grande capacité d’absorption de l’eau et du CO2 et nous aident à mieux nous protéger", développe Déborah Van Thournout, porte-parole du WWF-Belgique.

Car, selon le WWF, le nombre de personnes touchées par des inondations dans le monde devrait doubler d’ici à 2030, et les dégâts aux bâtiments et infrastructures devraient tripler.

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