Inondations : comment pouvez-vous encore aider les zones sinistrées ? Quels sont les besoins ?

Dès les premiers jours, au milieu du désastre, la solidarité réchauffait les cœurs. Des citoyens venus de tout le pays se sont retroussé les manches. Une lueur au milieu de la désolation. Près d’un mois après les inondations, l’aide est toujours la bienvenue dans de nombreuses communes, mais de manière plus ciblée. Mieux vaut se renseigner avant de se rendre sur place.

Si vous voulez prêter main-forte sur le terrain, certaines communes sont toujours preneuses, plutôt pour déblayer les jardins, ou les espaces publics. La plupart refusent désormais les dons en nature (elles ont été submergées), sauf pour de l’électroménager en bon état. Beaucoup ont ouvert un compte pour des dons financiers. Nous avons contacté une série de communes, vous trouverez le détail de leurs besoins et les informations nécessaires (contact…) ci-dessous

Des plateformes pour lier l’offre et la demande

Vous pouvez également proposer votre aide via l’une des plateformes mises en place pour mettre en lien l’offre et la demande : Aidehulp14-7, Aide-inondations, ou encore Solidar-it.

Selon Lien De Leenheer, à l’origine d’Aidehulp14-7, les sinistrés ont surtout besoin de déshumidificateurs, d’électroménagers en bon état, de meubles, et aussi de l’aide d’électriciens, de chauffagistes, etc. “La difficulté c’est que ce genre de professionnels sont déjà débordés en temps normal, explique-t-elle. Au niveau des meubles, c’est compliqué aussi parce que les gens ne peuvent pas encore les mettre dans leurs maisons qui sont encore humides, ou ils n’ont pas encore trouvé d’endroit pour se reloger à plus long terme. Il faudrait donc pouvoir les stocker mais ce n’est pas simple.

Les sinistrés ont surtout besoin de déshumidificateurs, d’électroménagers en bon état, de meubles, et aussi de l’aide d’électriciens, de chauffagistes, etc.

Benoît Hossay, créateur de la plateforme Aide-inondations, note aussi des besoins importants en logistique : camionnettes ou remorques, notamment pour pouvoir acheminer les dons.

Les groupes FB d’entraide sont encore actifs aussi, même si moins structurés : Solidarité inondations Liege et environs compte par exemple plus de 40.000 membres.

Bénévoles à la Croix-Rouge

Vous pouvez également passer par la Croix-Rouge, qui prend le relais dans de nombreux endroits, même si son intervention est parfois critiquée. L’organisation mobilise prioritairement sa réserve existante de bénévoles (10.000 volontaires francophones et 14.000 volontaires néerlandophones environ). Elle les répartit au jour le jour sur le terrain en fonction de l’évolution des besoins. Pour intégrer la réserve, il est possible de s’inscrire ici.

Le besoin le plus important : des logements

Mais, à présent, les sinistrés ont surtout besoin d’être relogés à plus long terme. Certaines communes ont mis en place des numéros d’appel pour récolter les offres et les demandes, vous trouverez les informations dans la liste ci-dessous.

La Région wallonne tente également de centraliser les informations. Elle vient de mettre en place le site internet entraide.logement.wallonie.be. “La vocation du site est de mettre en relation les propriétaires et les candidats occupants, précise le SPW. Il doit permettre d’offrir des possibilités de relogement aux familles sinistrées, via des critères clairs de demandes tels que la localisation, le type de logement ou encore le nombre de chambres…

La vocation du site est de mettre en relation les propriétaires et les candidats occupants

Pour le moment, le site compte une quarantaine d’offres et une soixantaine de demandes, mais des efforts de communication vont être faits pour qu’il monte en puissance. La difficulté est évidemment de trouver des logements sains et disponibles qui ne soient pas trop éloignés des zones sinistrées (des écoles des enfants, du lieu de travail…), et cela sur un marché où il manque déjà du logement.

Encourager à travailler avec les agences immobilières sociales

La Wallonie veut aussi encourager les propriétaires à mettre leur bien à disposition des agences immobilières sociales (AIS) qui agissent comme intermédiaire entre les propriétaires bailleurs et les locataires en recherche d’un logement. Une campagne “Louezsolidaire” est prévue à cet effet.

Des aides sont également prévues pour remettre rapidement sur le marché des logements inoccupés, afin de mobiliser le plus de logements possibles.

Convention d’occupation précaire

Si vous souhaitez héberger temporairement une famille sinistrée, il est également possible de conclure une convention d’occupation précaire, qui permet l’usage temporaire d’un bien accordé par un propriétaire à un occupant en raison de circonstances exceptionnelles. C’est un contrat qui implique le paiement d’une indemnité d’occupation, généralement inférieur au montant du loyer.

Nettoyer les abords des cours d’eau

Autre manière d’aider : nettoyer les abords des cours d’eau. L’ASBL Be Wapp a lancé l’action “Solidarité Propreté Inondation”, à laquelle on peut s’inscrire via son site internet, pour rejoindre une des équipes de bénévoles. Les opérations de nettoyage ont débuté le 6 août et se poursuivront jusqu’à la fin du mois. Après le 31 août, d’autres évènements de ramassage de déchets et opérations de nettoyage de rivières pourront être organisés, en prélude au Grand Nettoyage, qui se tiendra du 23 au 26 septembre.

Préserver notre patrimoine

Par ailleurs, on y pense moins, mais notre patrimoine a aussi été fortement touché. C’est le cas, notamment, des musées verviétois, ou du centre de conservation et d’étude des biens archéologiques wallon, mais aussi de nombreuses églises, notamment. L’association le Bouclier Bleu, active dans la protection du patrimoine culturel, centralise les propositions et les demandes d’aide. Vous pouvez vous inscrire en ligne via un formulaire.

Un don financier

Enfin, vous pouvez toujours faire un don financier. Là aussi, différentes communes ont ouvert leur propre compte. Le compte de la Croix-Rouge reste ouvert, elle a déjà récolté 30 millions d’euros.


►►►A lire aussi : La Croix Rouge promet toute la transparence sur les 30 millions d’euros de dons pour les victimes des inondations


 

Voici le détail des besoins des communes que nous avons pu contacter :

  • Verviers : Les habitants de Verviers ont surtout besoin d’électroménagers (frigo, gazinière puisque le gaz est revenu…) La ville n’accepte que les dons d’appareils neufs, elle invite plutôt à faire un don financier avec lequel elle pourra acheter de l’électroménager qui sera ensuite redistribué aux habitants. Les volontaires qui veulent se rendre sur place sont invités à prendre contact par téléphone au préalable. Il y a toujours besoin de bénévoles, pour assurer un roulement, que ce soit pour aider dans les centres de dons, pour la livraison des colis alimentaires, ou des missions plus ponctuelles (par exemple, une chaîne humaine d’une trentaine de personnes assurera ce jeudi le transport de dons récoltés). Toutes les informations sont ici.

  • Pepinster : La commune a fait un appel aux dons financiers sur sa page Facebook. Pour tout autre don, il faut contacter le numéro indiqué sur le site. D’après Simon Monville, qui gère ces dons, les gens demandent surtout des raclettes et des brosses. Les volontaires pourraient encore aider à nettoyer les berges. Là aussi, il faut appeler au préalable.

  • Chaudfontaine : A Chaudfontaine, les bénévoles isolés peuvent se présenter spontanément au centre de dons et de bénévolat à Source O Rama (avenue des thermes 78bis). Il est demandé aux groupes de s’annoncer. Il y a encore des caves à vider, des fuites à réparer, des espaces publics (parcs, trottoirs..) à nettoyer. Côté matériel, les habitants ont besoin d’électroménagers (micro-ondes, frigos, machines à laver…), ces dons-là sont acceptés automatiquement, pour autant qu’ils soient en bon état. Pour tout ce qui concerne les meubles (pour lesquels l’offre est plus importante), il faut remplir ce formulaire.
  • Aywaille : A Aywaille, les autorités nous disent rechercher principalement des logements permettant de loger des familles sinistrées pour une durée de six mois à un an. “Les gens se rendent compte que, même si leurs maisons sont nettoyées, l’humidité les rend inhabitable, précise le bourgmestre Thierry Carpentier. Elles cherchent des logements le temps de faire des travaux. Tous les jours, il y a deux-trois demandes supplémentaires.Un numéro de contact a été mis en place.

  • Esneux : Le call center d’Esneux met en relation les offres et les demandes d’aide. Ici, on a encore surtout besoin de personnes pour déblayer les jardins.
  • Trooz : La commune de Trooz invite à remplir un formulaire en ligne pour proposer son aideL’échevine de la communication Joëlle Deglin précise : “Comme partout, il ne faut surtout plus de vêtements. On est intéressées par des vivres non périssables comme des bouteilles d’eau, on commence à avoir beaucoup de demandes pour des lits d’enfants, des coussins à langer, et d’autres meubles mais on cherche des solutions pour les stocker en attendant que les maisons soient remises en état.” A Trooz, on a encore besoin d’aide pour nettoyer les jardins et les bâtiments collectifs : “Une équipe de bénévoles est en train de nettoyer le hall des sports et la maison des jeunes, par exemple.
  • Namur : Le président du CPAS de Namur, Philippe Noël, nous indique qu’ils sont en train de recontacter toutes les personnes sinistrées pour faire un état des lieux de leurs besoins : “On est à un moment de transition entre l’aide immédiate et l’aide au long cours.” Les éventuelles nouvelles demandes seront communiquées iciLa ville a mis en place un point de contact pour les logements. En ce qui concerne les dons, elles renvoient à la plateforme citoyenne mise en place par la Province de Namur.
  • Rochefort : A Rochefort, les dons financiers sont les bienvenus, les électroménagers aussi. Il y a encore des gens qui déblaient, et qui ont besoin d’un coup de main. Pour proposer son aide ou faire un don matériel, il faut contacter le Plan de Cohésion Social. Cela dit, LA priorité est de trouver des logements. Le CPAS centralise les offres et les demandes. Toutes les informations se trouvent ici.
  • Dinant : A Dinant, les autorités communales disent ne plus avoir besoin d’aide pour déblayer. Par contre, des bonnes âmes pourraient prêter main-forte pour véhiculer les gens qui ont perdu leur voiture (une centaine de véhicules ont été détruits).

  • Wavre : A Wavre, on indique surtout avoir besoin de meubles, d’électroménagers en bon état et de matériel scolaire. Un call center a été mis en place pour recevoir les propositions, et un numéro de compte est également disponible.

Extrait JT 07/08/2021:

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