Fermeture du secteur culturel : la manifestation sur le Mont des Arts a rassemblé plusieurs milliers de personnes

Travailleurs et soutiens de la culture et de l’évènementiel ont manifesté ce dimanche après-midi sur le Mont des Arts à Bruxelles, contre la fermeture des activités culturelles en intérieur. Malgré la pluie, de nombreuses personnes sont venues crier leur colère. Selon les organisateurs, 10.000 personnes étaient présentes. La police, elle, en a dénombré 5000. Vu le succès de l’appel à la mobilisation, l’action avait dû être déplacée au Mont des Arts, alors que la place de la Monnaie était initialement envisagée.

"La culture est une nécessité", "pas d’avenir sans culture", "un ministre de la culture s’il vous plaît" ou "j’aime boire du vin chaud, mais j’ai besoin de culture !", pouvait-on lire sur les nombreuses pancartes.

Le rassemblement a commencé vers 14h et s’est clôturé vers 16h30 avec une performance sur une chorégraphie dirigée par Anne Teresa De Keersmaeker sur un air de Stromae.

Avant cela, plusieurs poids lourds du secteur culturel avaient pris la parole. "C’est incroyablement réconfortant", a expliqué le directeur artistique du Koninklijke Vlaamse Schouwburg (KVS), Michael De Cock. "'Ça suffit', comme cela a été dit sur le podium. On comprend que cela ne va plus et que les décisions prises ne sont pas cohérentes. Fermer seulement la culture est ridicule", a-t-il poursuivi.


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"J’attends un signal politique et j’attends que quelque chose se débloque très vite. Toutes les mesures sont en place pour recevoir les personnes correctement et en toute sécurité et nous les avons mises en œuvre lors d’une phase précédente de la pandémie", a encore souligné Michael De Cock. Le directeur général de La Monnaie Peter De Caluwe était également attendu, tout comme la directrice de Charleroi Danse Annie Bozzini. Les organisateurs souhaitent un rassemblement pacifique et demandent à chacun de porter un masque et de garder ses distances.

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La désobéissance culturelle s’organise

Depuis l’annonce des mesures mercredi dernier, les annonces de "résistance" se sont multipliées. Pour l’instant, 81 lieux culturels restent ouverts en Belgique francophone. Il s’agit de cinémas ou encore de théâtres qui ont décidé de maintenir les dates qu’ils avaient programmées.

Rester ouvert ne veut pas dire faire n’importe quoi

C’est le cas du théâtre Le Rideau, à Bruxelles. Et si le théâtre décide d’ouvrir ses portes, c’est toujours dans le respect des règles sanitaires. "Le secteur culturel participe de façon solidaire à la lutte contre la pandémie", explique la directrice. "Et donc, rester ouvert ne veut pas dire faire n’importe quoi."

Dans un autre style, le cirque Bouglione indique dimanche qu’il accueillera bien du public dans son chapiteau à Bruxelles (place Flagey) aux heures prévues, "par solidarité (avec le) secteur culturel". Le cirque va cependant limiter sa jauge à 200 personnes.

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a fustigé la "désobéissance civique", encouragée selon lui par certaines autorités communales. "Cette approche est complètement destructrice pour la crédibilité de l’Etat de droit et de nos institutions. Pourquoi faire respecter des fermetures et pas d’autres ?", a déclaré le sénateur sur Twitter.

Réactions dans le monde politique

Parmi les "résistants" figurent d’ailleurs des lieux qui disent avoir pris cette décision en accord avec les autorités publiques. C’est le cas du Centre Culturel d’Uccle, qui relève d’une commune dont le bourgmestre, Boris Dilliès, est pourtant d’un parti (le MR) qui participe aux gouvernements fédéral, wallon et francophone, tout comme l’échevine de la Culture Perrine Ledan, d’Ecolo.

Les autorités locales qui se sont exprimées, même si apparentées aux partis associés à la décision de mercredi, ne semblent pas vouloir se précipiter vers des sanctions.

Il faudrait que les gouvernements dialoguent avec le secteur ces prochains jours, pour évaluer et éventuellement adapter

Le président de l’Open Vld Egbert Lachaert a semblé reconnaître à demi-mot que cette interdiction va trop loin, dans un message publié dimanche sur Twitter. Le variant omicron apporte "de l’incertitude dans la gestion" de la pandémie, ce qui a poussé le Comité de concertation à décider de mesures supplémentaires "par précaution".


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"Qu’elles ne touchent qu’un seul secteur, c’est vrai que c’était très dur", reconnait-il. "Il faudrait que les gouvernements dialoguent avec le secteur ces prochains jours, pour évaluer et éventuellement adapter" les mesures, indique-t-il sans préciser davantage.

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© Aurélie Fogli
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