Ingrid Betancourt veut "Etre une personne comme une autre"

Ingrid Betancourt pose pour nous à la Foire du livre
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Ingrid Betancourt pose pour nous à la Foire du livre - © RTBF

Invitée d'honneur à la Foire du livre de Bruxelles, la Franco-colombienne, ex-otage des Farc, a multiplié les rencontres ce jeudi. Malgré un planning chargé, Ingrid Betancourt reste très disponible et souriante. Elle parle de son livre, de sa vie et de ses projets.

C'est avec plaisir que l'ex-candidate à la présidence colombienne a accepté de venir à Bruxelles. Ingrid Betancourt aime le contact avec les gens. L'occasion aussi pour elle de parler de son livre, "Même le silence à une fin" (Gallimard), dans lequel elle revient sur ses 6 ans et demi de captivité. Un livre qu'elle a commencé 8 mois après sa libération (février 2009) et qui a pris 18 mois pour prendre forme.
Quand elle évoque son séjour forcé chez les Farc, elle parle de "prison" où régulièrement elle se sentait "dépossédée de son droit à s'exprimer". Ce qui l'a poussée à se dire qu'un jour il faudrait qu'elle écrive tout ça. "Ce n'est pas possible que le monde ne connaisse pas ce qu'on est capable en tant qu'être humain", dit-elle, "Je crois qu'il faut partager ce que l'on vit quand cela peut servir aux autres". En attendant, l'écriture de ce livre lui a été thérapeutique.
Faire fi des critiques
Comment Ingrid Betancourt a-t-elle réagi aux critiques qui ont suivi sa libération ? Dans un premier temps, elle n'a pas voulu écouter ou lire ce qu'il se disait, "Je ne voulais pas être contaminée par les autres", dit-elle, "Je ne voulais pas que mon livre soit une réponse aux critiques". Et cette "non réaction" lui a permis de prendre du recul et de voir les choses autrement.
Aujourd'hui, elle a pardonné à ceux qui lui ont fait du mal et parle de "croissance spirituelle". "Le pardon, c'est la possibilité de regarder le monde avec des yeux de construction. Si on est aigri, on détruit. Il faut aller au-delà de la souffrance. Il faut s'élever plus haut".
"On est ce qu'on est"
Quand évoque son image écornée, elle répond : "L'image c'est du virtuel. Je ne vis pas de mon image. Elle est sur le net et elle ne m'appartient pas. Moi je vis ma vie avec ce que je suis et c'est ma réalité qui compte. Une des leçons de ma captivité est qu'on est pas ce que les gens disent qu'on est, on est ce qu'on est avec nos qualités et nos défauts et il faut le savoir". Cela permet, dit-elle, d'accepter la critique "sachant que parfois elle n'est pas constructive et puis n'est pas juste". Mais on a "pas besoin de s'en encombrer", ajoute-t-elle.
Ses projets
Aujourd'hui, l'ex-otage des Farc a envie de continuer à écrire, de la fiction, espère-t-elle. Elle a également "besoin de se construire une vie dans laquelle elle peut se nourrir d'idées, de réflexions". Une vie où elle peut apprendre, elle "une soif d'apprendre énorme", et où elle a "du temps pour les autres. C'est important pour moi".
Ingrid Betancourt aspire aussi à "pouvoir vivre tranquille et d'avoir le droit d'être une personne comme une autre".

C. Biourge


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