Infrabel : le réseau ne sera pas rétabli avant plusieurs semaines

Infrabel a mis le réseau ferroviaire à l’arrêt hier dans le sud du pays, en raison des fortes intempéries. Le trafic est maintenu entre les grandes villes wallonnes et Bruxelles, mais aucun train ne circule au sud de la Meuse. "Nous avons suspendu le trafic à titre de précaution hier matin, explique Benoît Gilson, administrateur délégué d’Infrabel, parce que nous n’étions plus en mesure d’assurer le trafic ferroviaire en toute sécurité et de protéger nos clients et le personnel. Depuis ce matin, la situation s’est encore un peu dégradée. Il y a des perturbations dans le Hainaut, autour de Charleroi, parce que, là, les intempéries sont arrivées plus tard. Nous avons donc aussi suspendu le trafic entre Charleroi et Couvin, Charleroi et Ottignies, tandis que Charleroi et Namur était déjà suspendu depuis hier." Le trafic autour de Liège reste perturbé également.

La SNCB demande donc aux passagers qui doivent se rendre vers le sud du pays de ne pas se rendre à la gare et de reporter tant que possible leur trajet. D’autres options de transport ne sont pas possibles à l’heure actuelle en raison des circonstances.

Infrabel doit faire face à de multiples problèmes, explique l’administrateur délégué. "Nous avons des voies qui sont sous l’eau, et comme il y a des composants électriques, nous ne pouvons bien évidemment plus opérer. Nous avons des endroits où il y a simplement des débris ou des arbres qui sont tombés sur la caténaire ou sur les voies. Ailleurs, nous avons des problèmes de stabilité d’ouvrages d’art. Il y a donc vraiment un peu de tout." Une quinzaine de lignes sont perturbées, et la ligne entre Liège et Luxembourg n’a même pas encore pu être inspectée : "Il y a tellement de perturbations sur les routes et un peu partout qu’on n’arrive même pas encore à aller faire l’inspection."

A certains endroits la situation est spectaculaire : "Par exemple, il y a un endroit où la voie pend, elle est en suspension, parce qu’il y a eu un effondrement de terrain et tout ce qui est en dessous de la voie est parti. Les cabines de signalisation ne sont par contre heureusement pas touchées par les pannes d’électricité.

Pour les cheminots, c’est du jamais vu, rapporte Benoît Gilson. "En fait, ce qui pose problème, c’est non seulement la force des intempéries, mais également leur dimension. C’est sur toute une région, et donc nous avons des incidents partout en même temps. Et ça, on n’a jamais vécu, non."

Le coût des dégâts est encore difficile à chiffrer, "mais ce sera vraisemblablement plusieurs dizaines de millions d’euros."

La circulation vers l’étranger est aussi perturbée, l’Allemagne n’a pas été épargnée par les intempéries. Le trafic à grande vitesse entre la Belgique et l’Allemagne a été suspendu, ainsi que trafic marchandises. " Ces lignes sont très importantes pour l’industrie belge et pour le port d’Anvers. J’espère que nous pourrons rouvrir le trafic entre le port et la frontière allemande ce matin. Nous essayons de travailler rapidement pour permettre à l’économie de reprendre le dessus", précise l’administrateur.

Pour le reste, il ne faut pas attendre d’amélioration aujourd’hui. Infrabel espère pouvoir récupérer quelques lignes dans les prochains jours mais un rétablissement complet du réseau ne sera pas possible avant au moins deux, voire trois semaines. Toutes les équipes sont à pied d’œuvre pour réparer ce qui doit l’être. L’infrastructure doit être inspectée en détail, les ingénieurs doivent en effet vérifier la stabilité des voies et des ponts, tunnels, aqueducs qui ont pu être fragilisés par les torrents d’eau et les coulées de boue. "On a prépositionné des trains de secours, des trains de travaux qui sont prêts à intervenir dès que nous pourrons accéder aux lieux. On a également mobilisé des équipes sur l’ensemble du territoire. Les zones moins touchées vont fournir à la fois du personnel et du matériel pour pouvoir intervenir le plus vite possible." Il y a une réelle mobilisation, assure Benoît Gilson, à la fois du côté d’Infrabel et du secteur de la construction, pour qu’on puisse récupérer les lignes au plus vite et acheminer la population.

Voici le détail des lignes perturbées :

En province du Hainaut : les lignes reliant Charleroi-Sud à Couvin (L.132/L.134), à Ottignies (L.140), Namur (L130) et Châtelet (L130C). La ligne entre Fleurus-Auvelais (L147) est également perturbée.

En province de Liège : les lignes Namur-Liège-Guillemins (L125), Liège-Guillemins-Bomal (L43), Rivage-Gouvy (L42), Liège-Guillemins (L37)-Welkenraedt, Pepinster-Spa-Géronstère (L44), Chênée-Hammerbrücke (L3), Voroux-Kinkempois (L.36A), Kinkempois-Flémalle-Haute (L.125A), Liège-Guillemins-Visé (L.40) et Visé-Maastricht.

En provinces de Namur, Luxembourg et Brabant Wallon : les lignes entre Gembloux et Jemeppe-sur-Sambre (L144), Ottignies et Gembloux (161), Gembloux et Namur (161), Ottignies et Sint-Joris-Weert (L139), Rochefort-Jemelle et Libramont (L162), Bomal et Marloie (L43), Namur et Dinant (L.154), Dinant et Bertrix (L.166) ainsi que Namur et Marloie (L.162).

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