Tiffany, infirmière indépendante: "Notre métier est en train de nous tuer"

Infirmiers indépendants: "Notre métier est en train de nous tuer"
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Tiffany est à bout. Cette infirmière indépendante est aujourd’hui en attente de 3000 euros bruts. En cause, les bugs du système anti-fraude avec lecteur de carte imposé par l’Inami depuis le 1er octobre. Des problèmes qui entrainent d'importants retards de payement.

"Notre métier est en train de nous tuer. Je ne sais pas payer mon loyer, ni mes factures. J'achète le lait de mon bébé et la nourriture grâce à la carte Visa. Les mutuelles, censées nous payer, se cachent derrière les bugs informatiques. On nous laisse pour compte sans échéance, ni certitude de toucher ce pour quoi on a travaillé."

Pour rappel, à chaque visite, les infirmiers et infirmières sont obligés de demander la carte d’identité du patient. Ils la glisse ensuite dans un boitier électronique. De quoi avoir un meilleur aperçu des soins donnés au patient et de lutter contre la fraude. "Si le lecteur ne lit pas la carte du patient, c’est comme si on avait pas travaillé. En plus de ça, on n'arrive pas toujours à encoder les factures."

Salaire en otage

D'un premier abord, l'infirmière n'a rien contre ce système, mais celui-ci doit être au point pour leur assurer une vie correcte. "Nous n'avons pas eu de période test, ni de période d'indulgence. Les helpdesks saturent et ferment parfois carrément leurs lignes. On se sent livrés à nous-mêmes et acculés sous les factures et beaucoup n'ont toujours pas reçus leurs honoraires d'octobre. Plusieurs milliers en fait."

En quelques jours, trois de ses collègues ont mis fin à leurs jours. Même s'il est impossible à ce stade de faire un lien entre ces drames et la situation des infirmiers, "on ne peut que supposer que les suicides sont liés à notre profession. Mais ce qui est certain, c'est que les infirmiers indépendants se retrouvent dans des situations précaires. Une collègue vit seule avec sa fille et éprouve des grosses difficultés financières. On en arrive au point d'être presque des clochards...On en sait pas quand on va être payé. Je comprends que certaines personnes en arrivent au point de se suicider", insiste Tiffany.

Ce que Tiffany demande, c'est un assouplissement de la mesure pour pouvoir faire, entre autre, une facture papier si le logiciel est en panne. Des courriers ont été envoyés à la ministre de la santé, Maggie De Block, mais restent toujours sans réponse.

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