Inégalités scolaires: "Rien n'a changé en 12 ans, c'est une honte"

Le mandat de Bernard de Vos en tant que Délégué général aux droits de l'enfant prend bientôt fin. L'occasion de dresser son bilan, avec une dernière année particulièrement chargée sur le front des droits des plus jeunes. Crise sanitaire, évolution du modèle scolaire, enfants belges en Syrie... Nous faisons le point sur les gros dossiers du mandat de Bernard De Vos sur le plateau de CQFD.

Des acquis et des regrets

Au terme de ses 12 années de mandat, Bernard De Vos pointe cet acquis: "le fait d'avoir contribué à installer deux droits méconnus et mal pratiqués: le droit d'expression et le droit de participation, c'est le centre névralgique de la convention des droits de l'enfant. Mais je le dis très modestement, vu l'année de crise sanitaire que l'on vient de vivre". Parmi ses principaux regrets: "ne pas avoir pu conclure sur la question de l'interdiction formelle des violences éducatives ordinaires [...] Il faudrait l'inscrire dans une loi, pas au pénal mais au civil", estime le Délégué général aux droits de l'enfant.

Invité sur le plateau de CQFD le 13 mai dernier, Bernard De Vos déplorait le manque de considération des enfants dans cette crise"Bien sûr, le fait que les écoles restent ouvertes, c'est très important [...] Mais on n'éduque pas des enfants uniquement avec l'école. Il y a aussi les activités sportives, culturelles, les mouvements de jeunesse, etc. [...] Aujourd'hui, on sent bien que tous les enfants et les adolescents manquent de contacts, de relations, d'échanges, de pouvoir parler, et ça c'est compliqué dans une école qui n'est aujourd'hui pas idéale".

Il faut s'adresser aux jeunes

Au Comité de concertation qui se réunit demain, le Délégué général aux droits de l'enfant adresse ce message: "depuis le début de la crise, on a insisté auprès des autorités politiques pour qu'elles prennent en considération les jeunes et leur adressent des messages publics. Ca ne s'est jamais fait [...] Il faut s'adresser aux jeunes". "Il a fallu attendre que les pédopsychiatres disent que leurs lits étaient débordés pour que ça devienne une question politique", regrette Bernard De Vos.

Le pacte d’excellence a lui aussi fait les frais du Covid. Les travaux pour sa mise en place ont été suspendus au plus fort de la crise sanitaire qui a empiré les retards et décrochages scolaires, ce à quoi s'attaque le pacte précisément. Pour Bernard De Vos, malgré les avancées, "objectivement, l'école n'arrive toujours pas à juguler son aspect terriblement inégalitaire et inéquitable".

Quid du pacte scolaire?

Ce Qui Fait Débat, chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h35 sur La Trois. L’entièreté du débat à revoir ci-dessous :

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