Inde: Roche en négociation pour réduire le prix de médicaments anti-cancer

L'objectif est "de renforcer l'accès à des thérapies" qui ne sont pas abordables pour les populations des pays émergents, a indiqué à l'AFP une porte-parole de Roche.

Le laboratoire bâlois veut commercialiser en Inde à un prix moins élevé les médicaments Mabthera (lymphome, leucémie) et Herceptin (cancer du sein, de l'estomac), mais sous un autre nom et dans un emballage différent, a-t-elle précisé, confirmant des informations du quotidien américain Wall Street Journal.

Le prix de ces thérapies varie par patient et par mois entre 3.000 à 4.500 dollars (2.300 à 3.400 dollars), un tarif difficilement accessible dans les pays en développement.

Le prix définitif auxquels ces deux médicaments seront proposés en Inde "est en négociation avec les autorités locales", a ajouté la porte-parole, sans préciser.

"Il ne s'agit pas d'un générique, puisqu'il s'agit du même produit mais qui sera vendu sous un autre nom", a-t-elle souligné. Un partenaire local, le laboratoire indien Emcure Pharmaceuticals, sera chargé de l'emballage des médicaments.

"L'Inde est un projet pilote" pour voir comment élargir dans les pays émergents l'accès à des thérapies très coûteuses, a-t-elle expliqué.

Le Mabthera et le Herceptin sont des médicaments dits "blockbusters", dont les ventes ont respectivement atteint l'année dernière 6 milliards et 5,3 milliards de francs suisses (5 milliards et 4,4 milliards d'euros).

Les grands groupes pharmaceutiques occidentaux se trouvent de plus en plus sous la pression des pays émergents, notamment en Inde, pour réduire leurs tarifs ou céder leurs brevets.

Le laboratoire suisse Novartis veut ainsi obtenir depuis plusieurs années en Inde un brevet pour son médicament anti-cancer Glivec, une démarche qui menacerait, selon des ONG, l'accès aux génériques dans les pays pauvres.

Le géant allemand de la chimie-pharmacie Bayer recherche quant à lui une parade au feu vert indien accordé à un groupe local pour la production d'un générique anti-cancer beaucoup moins cher que celui qu'il fabrique.


AFP
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