Ratko Mladic condamné à la perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité

La justice internationale a rendu l’un de ses derniers jugements en ce qui concerne la guerre d’ex-Yougoslavie. Ratko Mladić, surnommé parfois "le boucher des Balkans", inculpé pour génocide, crime contre l’humanité et crime de guerre, était notamment poursuivi pour ses responsabilités dans le massacre de Srebrenica en 1995. A l'époque, près de 8000 hommes et jeunes garçons musulmans avaient été assassinés.

Le verdict est tombé en milieu de journée ce mercredi : le Tribunal Pénal international de La Haye a finalement condamné Ratko Mladić à la perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Mladic fera appel

Ratko Mladicfera appel de ce verdict, a annoncé son fils Darko Mladic, qualifiant le jugement de "propagande de guerre". "Cette peine est injuste et contraire aux faits, et nous la combattrons en appel pour prouver que ce jugement est faux", a déclaré Darko Mladic lors d'une conférence de presse.

La guerre d'ex-Yougoslavie prend place au début des années 90, lorsque le communisme chute. Dans la foulée, le pays éclate sous les pressions nationalistes. Commence alors une série de conflits violents : 150.000 personnes meurent parce qu’elles ne partagent pas la même culture, la même langue ou la même religion que leurs voisins, 4 millions d’autres doivent fuir et prendre le chemin de l’exil.

Procès historique

C'est un procès historique qui a eu lieu. D’abord parce que c’est le dernier grand procès de ce tribunal hors norme qui a été ouvert en pleine guerre, en 1993. Ensuite parce que Ratko Mladić, qui était le chef de l’armée serbe de Bosnie, est sans doute l’inculpé qui a le plus de sang sur les mains. Son prénom signifie d’ailleurs "le guerrier". Il était accusé de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocides pour le massacre de Srebrenica et aussi pour le siège de Sarajevo, au cours duquel 350.000 habitants ont été piégés pendant 400 jours et au cours duquel 10.000 personnes sont mortes sous les obus et sous les balles de snipers qui étaient postés tout autour de la ville.

Des milliers de portés disparus

Les familles de victimes étaient présentes ce mercredi matin à La Haye. Des familles qui veulent entretenir la mémoire de leurs proches tombés sous les balles. Ces mères, ces épouses, ces sœurs de victimes se déplacent à chaque épisode judiciaire à La Haye. A l’ouverture du procès, elles ont porté des photos de leurs enfants, de leurs maris, de leurs frères assassinés en juillet 1995 à Srebrenica.

Certains sont toujours d’ailleurs à la recherche de leur corps puisque cette guerre a fait 150.000 morts, dont 7.000 sont toujours disparus. Les Serbes prenaient soin d’éparpiller les cadavres dans différents charniers pour dissimuler leurs crimes.

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