Incident nucléaire à Mol, Pieter De Crem réagit : "c’est inacceptable"

Un incident nucléaire s’est produit au Centre d’étude de l’énergie nucléaire à Mol (SCK-CEN) en mai 2019. Le centre n’avait alors pas respecté les procédures de notification en cas d’incident nucléaire : il a averti les autorités en retard. "Inacceptable", selon le ministre compétent Pieter De Crem (CD & V). Le SCK-CEN explique que les procédures ont été adaptées.

Dans le centre de Mol, des centaines de collaborateurs se consacrent au développement d’applications pacifiques de la radioactivité. Lors de la production de radioisotopes Sélénium-75, une quantité très limitée de cette substance a été rejetée le 15 mai 2019 dans une cellule dite "chaude" (hot cell en anglais). Cela a conduit au développement de fumée dans la cellule chaude. Le lendemain, le centre SCK-CEN a communiqué qu’il n’y avait aucun impact sur la population, le personnel ou l’environnement.

D’après la procédure de notification des incidents nucléaires mineurs, l’exploitant d’une installation nucléaire doit informer l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (FANC) ainsi que BEL V, une entité de la FANC, dans un délai maximum de deux heures. Or dans le cas de mai à Mol, cela a pris quatre heures.

Pour Peter Baeten, directeur adjoint de SCK-CEN, l’incident avec Selenium-75 doit être relativisé : un rejet de 0,1 microsievert a été observé le 15 mai. "C’est 1/10 000e de l’exposition annuelle que les gens subissent de causes naturelles. C’est la même chose que quand on mange une banane", raconte-t-il à la Gazet Van Antwerpen. La dose équivalente en banane est par ailleurs une mesure utilisée par le monde scientifique pour représenter les rayonnements ionisants.

Procédure adaptée

"Les autorités locales n’ont pas été informées par le SCK-CEN. Les modalités prévues n’ayant pas été respectées, une réunion de consultation a été organisée. Les procédures ont été adaptées", répond le ministre De Crem à une question parlementaire du député fédéral Samuel Cogolati (Ecolo).

Dans sa réponse, Pieter De Crem explique également que douze incidents mineurs en matière de sûreté se sont produits dans les différentes installations nucléaires en Belgique au cours des derniers mois. Deux d’entre eux (l’un au SCK-CEN de Mol le 15 mai et l’autre à l’IRE de Fleurus le 30 novembre 2018) n’ont pas été communiqués aux autorités compétentes conformément aux accords et à la législation.

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