Incendie à Londres: "Nos autorités doivent réaliser que ça peut nous arriver"

17 morts, le bilan des victimes s’est alourdi à Londres après l’incendie survenu dans la nuit de mardi à mercredi dans une tour appartements de logements sociaux dans l’ouest de la capitale britannique. Les opérations de recherche se poursuivent.

Chez nous, beaucoup de questions se posent chez nous depuis lors. Ce vendredi José Garcia, le président du syndicat des locataires, était dès lors dans Matin Première.

Ce qui s’est passé à Londres, on a entendu des voix dire que ça ne peut pas arriver chez nous. Est-ce fondé?

José Garcia: C’est justement ce qui m’a fait réagir quand j’ai entendu cela, en effet. En Belgique, on n’est malheureusement pas à l’abri d’un tel drame et c’est pour ça, effectivement, que nous avons lancé cet appel parce que je crois qu’effectivement il est grand temps que nos autorités politiques se rendent compte que ça peut nous arriver, malheureusement, et peut-être même avec beaucoup plus de victimes.

C’est-à-dire ? Expliquez-nous, où le bât blesse ?

José Garcia: Aujourd’hui, l’état du logement en Belgique et dans les grandes villes est relativement catastrophique et on n’a pas prévu des exercices d’évacuation. C'est pourtant ce que nous demandons depuis un certain temps déjà. Il ne faut pas faire des exercices d’évacuation des locataires dans les buildings tous les jours, évidemment, mais de temps en temps.

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Il est bon que les locataires, d’un point de vue organisé, puissent sortir paisiblement de leur logement pour qu’ils aient le bon réflexe. Nous avons vu dans la problématique de Londres que les spécialistes disaient aux gens de rester calfeutrés chez eux et on a entendu les survivants nous dire 'si on les avait écoutés, on serait peut-être au paradis aujourd’hui'.

Pour nous, le problème c’est qu’il faut que les choses soient claires. Que doivent faire les gens concrètement en cas d’incendie ? Ça, c’est du côté, je dirais, des autorités locales, du côté des autorités plus générales. Et, en matière de sécurité, nous pensons qu’effectivement il faut un investissement extrêmement important dans tous les logements, et certainement dans les buildings pour la sécurité. Nous avons dit également qu’à ce niveau-là, la région Bruxelloise avait mis sur table 300 millions d’euros, c’est une bonne première et nous espérons que les autres régions fassent de même.

Sur le blog des locataires de l’immeuble qui a pris feu à Londres, ils se plaignent depuis des mois, si pas depuis des années, de manquements aux règles de sécurité dans une indifférence générale. Vous avez peut-être vu ce site Internet, ça vous évoque quoi?

José Garcia:  Je n’ai pas eu ce réflexe, comme vous, mais c’est vrai que je peux vous confirmer que quand nous rencontrons les locataires, une des premières choses qu’ils nous disent c’est qu’il y a un espèce de mur qui sépare les locataires des bailleurs, et en l’occurrence des bailleurs sociaux. Ils restent sourds.

Il ne faut pas généraliser évidemment, mais je vous confirme que le sentiment qu’ont les locataires aujourd’hui vis-à-vis de leur bailleur et vis-à-vis de leur bailleur social est plutôt proche de ce que vous avez vu sur le site des locataires anglais.

Alors, il y a eu un grand changement il y a quelques années avec l’obligation de poser des détecteurs de fumée dans les appartements. Est-ce que ça, ça n’a pas permis un grand progrès ?

José Garcia: Si. Voilà un bel exemple d’investissement très positif.

Ça ne coûte pas cher un détecteur, ça coûte une quarantaine d’euros et ça peut sauver des vies.

José Garcia: Oui, ça ne coûte effectivement pas cher. De toute manière, en l’occurrence, c’est à charge du bailleur, donc pour les locataires ce n’est pas très problématique. Le problème, évidemment, je m’excuse de rentrer dans les détails, mais c’est qu’un détecteur n’est pas l’autre.

Il faut acheter de la qualité, José Garcia.

José Garcia: Il faut toujours acheter de la qualité et, par exemple, aujourd’hui en région bruxelloise, il faut savoir qu’il y a 4000 détecteurs défectueux qu’on va devoir remplacer parce qu’un détecteur, ça fonctionne avec des piles et, encore une fois, tous les détecteurs ne se valent pas. Mais je pense que c’est un très grand progrès.

Je répète, ce n’est pas comme ça qu’on va régler uniquement le problème de sécurité, je pense qu’il y a véritablement besoin d’un investissement massif dans nos logements. C’est d’ailleurs pour ça que nous avons à plusieurs reprises réclamé ce que nous appelons le permis locatif avant toute mise en location.

Ce drame, s’il pouvait permettre l’avènement de ce permis locatif avant toute location pour l’ensemble des biens, pas uniquement le logement social, je pense que ce serait vraiment une véritable avancée. C’est quoi le permis locatif ? C’est tout simplement un peu comme quand vous conduisez votre voiture, vous ne pouvez pas conduire un vieux tacot et vous êtes tenu de passer au contrôle technique.

Et vous ne pouvez pas louer une vieille coquille sans sécurité et sans électricité.

José Garcia: Voilà, c’est ça pour moi la véritable solution.

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