Imprimer son mémoire ou ses notes de cours sur papier? Une pratique en voie de disparition

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temporary-20190607113221 - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Mois de juin oblige, les centres de photocopieuses tournent à plein régime. En cause : la période annuelle de remise des travaux et des mémoires de fin d'études dans le secondaire comme dans le supérieur. Pourtant, de plus en plus d'établissements prennent le pli d'accepter la remise 100% numérique afin de préserver l'environnement.

À l'UCLouvain, fini les syllabus qui pèsent un âne mort et les tas de feuilles qui s'empilent sur les bureaux des étudiants durant le blocus. "Il y a eu une évolution progressive qui a commencé en 2012, sous l'impulsion des étudiants eux-mêmes, relate Marc Francaux est prorecteur à l'UCLouvain et responsable du développement durable. Il a d'abord été décidé de faire des impressions recto-verso et d'imprimer sur du papier recyclé qui ensuite été transformé en papier éco-responsable."

L'UCL est passé de 4 à 2 millions de feuilles imprimées. Parce que oui, imprimer des deux côtés d'une feuille permet de diviser par deux le nombre de copies. Cela correspond à dix aller-retour Bruxelles-New-York en moins. 

À côté des syllabus imprimés automatiquement, il y a aussi les supports de cours diffusés sous format numérique via des plateformes en ligne, souvent hébergées par les universités. À ce niveau-là, l'impact est moindre. Pour preuve : les sociétés d'impression tournent toujours quasiment au même rythme qu'avant. C'est le cas à la DUC, à Louvain-la-Neuve, où Virginie Bouchonville n'a pas remarqué de baisse significative de son chiffre d'affaires en terme d'impression : "J'ai quand même l'impression que les étudiants ont toujours besoin d'un support physique pour étudier. Après, cela dépend des matières, quelqu'un qui étudie la physique, par exemple, aura plus facile s'il peut annoter directement ses schémas sur une feuille de papier. Pour d'autres matières où ce sont plutôt des textes à lire, le support numérique suffit."

Et les mémoires?

Mais à l'UCLouvain, une faculté va un peu plus loin que les autres, tout comme certaines filières d'étude de l'ULg. Elles prônent la fin complète de l'impression. Une version numérique suffit. Apparaît alors le problème du stockage des documents, sur serveur. Mais les plus éco-responsables le savent, les serveurs informatiques consomment eux aussi de l'énergie. 

"Si on s'intéresse aux impacts CO2, on voit qu'imprimer un mémoire de 100 pages émet 450 grammes de CO2 à cause de la fabrication du papier alors que le stocker sur un serveur pendant un an ce sera de l'ordre de un gramme", souligne Jonas Moerman, éco-conseiller pour l'association eco-conso. Le stockage numérique représente donc 450 fois moins d'énergie de l'impression papier.

Pour la planète, la palme revient au numérique. Il est aussi plus intéressant pour portefeuille des étudiants aussi car imprimer un mémoire, lorsque plusieurs exemplaires sont nécessaires peut monter à une septantaine d'euros. Mais Virginie Bouchonville estime que "même si ses valeurs éthiques vont dans le sens des changements environnementaux", pour son chiffre d'affaires, une diminution drastique des mémoires et travaux imprimés à la DUC ne serait pas "ferait pas ses affaires".

Archives : Journal télévisé 19/08/2002

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