Impliquer les mouvements de jeunesse et les fédérations étudiantes pour sensibiliser à la vaccination : "Les jeunes sont la solution"

La dernière vague du Baromètre de la motivation réalisé par l’UGent, l’UCLouvain et l’ULB montre que parmi les personnes non vaccinés les francophones restent plus réticents que les néerlandophones face à la vaccination. En plus, certaines catégories d’âge seraient plus réfractaires que d’autres : c’est le cas des jeunes situés dans la tranche 18-25 ans. Selon le Prof. Vincent Yzerbyt (UCLouvain), les mouvements de jeunesse et les associations étudiantes ont un véritable rôle à jouer pour inverser la tendance.

"Dans l’ensemble", note le rapport, "les gens sont plus motivés que démotivés pour se faire vacciner". Mais avec des écarts importants : 23% des jeunes âgés entre 18 et 35 ans refuseraient toujours de se faire vacciner et 8% d’entre eux douteraient. Pour les convaincre, selon Vincent Yzerbyt, professeur de psychologie sociale à l’UCLouvain, les mouvements de jeunesse et les fédérations étudiantes ont un rôle à jouer là-dedans.

"Aujourd’hui, on commence à vacciner des personnes de plus en plus jeunes. Dans les semaines à venir, on va faire appel de plus en plus à des personnes âgées entre 18 et 25 ans. Je lance alors un appel aux forces associatives qui opèrent avec et pour les jeunes pour qu’elles contribuent à cet effort de vaccination", déclare-t-il.

Car si les jeunes ne sont pas spécialement les plus réticents (le même taux de refus atteint 25% dans des catégories plus âgées), leur refus pourrait avoir un impact sur la couverture vaccinale à l’échelle du pays, selon l’expert. Pour lui, il s’agit de rappeler l’importance de la vaccination en termes de protection de la population, de prévention face aux variants du virus et de retour à une vie plus normale.


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"La crise a été extrêmement dure pour les jeunes en matière de santé mentale ainsi que de précarité financière. Or, vacciner plus rapidement signifie qu’on pourra s’attaquer à ces problèmes plus vite et mieux", note encore le professeur. D’autant plus que les autres possibilités qui existent – notamment le testing — sont difficiles à réaliser à grande échelle et très coûteuses.

Les associations et les fédérations peuvent agir comme des "influenceurs du quotidien"

Si les mouvements de jeunesse, en milieu estudiantin et non, mettaient la priorité sur des campagnes de vaccination, cela pourrait entraîner un effet "d’imitation", selon le professeur. "Entre 18 et 25 ans, l’effet d’entraînement joue. Donc, montrer que des jeunes se vaccinent, organiser des séances de questions/réponses avec des médecins aurait un véritable effet bénéfique. Lorsqu’on montre que se vacciner est salutaire, qu’il est intéressant pour la collectivité et que cela devient une norme, les gens vont suivre cette norme".


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Si son appel arrive aujourd’hui, c’est que les jeunes ont été longtemps sacrifiés au cours de la crise : oubliés au début, puis pointés du doigt en cas d’augmentation des chiffres, puis en totale détresse, ils font partie d’une génération quelque peu sacrifiée, obligée à suivre des cours à distance, condamnée à subir parfois des situations familiales tendues sans pouvoir y échapper, à perdre tout espoir en l’avenir.

"Les jeunes sont une partie de la solution et doivent l’être. Ils ont cette force de pouvoir 'engager' leurs pairs et peuvent agir sur le terrain de manière plus efficace que des simples campagnes de communication politique ou médiatique", analyse encore le professeur. Si l’appel est intéressé, il faut mettre en avant que "les effets de la vaccination bénéficieraient en premier lieu aux jeunes, qui retrouveraient une vie plus normale et pourraient reprendre le chemin de l’école, de leur job étudiant, recommencer à voyager".

Sans compter les effets bénéfiques sur la cohésion sociale : alors que l’attitude des jeunes a été souvent critiquée, leur participation proactive au sein de la vaccination pourrait aider à rapprocher des générations qui ont parfois du mal à se comprendre.

Les fédérations de jeunes réagissent

Interpellées vis-à-vis de leur positionnement, différentes associations nous ont répondu. Du côté de la Fédération des étudiants francophones (FEF), la réponse officielle est que si elle recevait une demande pour organiser une campagne là-dessus, "elle devrait passer d’abord par l’assemblée générale".

Officieusement, on comprend que la FEF met le paquet sur d’autres dossiers "prioritaires" (comprenez : le décret paysage ou les examens de juin) en laissant aux autorités et aux autres mouvements de jeunesse s’en occuper.


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Du côté des scouts, "nous ne nous sommes pas encore posé la question parce que ce n’est pas encore d’actualité pour notre public, composé essentiellement d’enfants, adolescents et jeunes adultes", explique Adrien Mogenet, porte-parole des Scouts de Belgique. "Mais si des experts estiment qu’on peut avoir un rôle positif à ce niveau en tant que mouvement de jeunesse, on ne manquera pas d’ouvrir la réflexion au moment opportun."

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