"Implant files": 80.000 morts chaque année à cause des implants

Le Consortium international des journalistes d’investigation publie une nouvelle enquête ce lundi. Après les LuxLeaks, les Panama Papers ou encore les Paradise Papers, voici les "Implant files". Cette nouvelle enquête pilotée en Belgique par Le Soir, Knack et De Tijd concerne cette fois-ci les implants.

À travers le monde, 1.700.000 blessés et plus de 80.000 morts seraient recensés chaque année à cause de la pose d’un implant, et ce, sur les 10 dernières années.


►►► À lire aussiPrès de 4.000 incidents liés à des implants signalés en Belgique depuis 2013


De quoi parle-t-on exactement ? Le Soir écrit : "Des lentilles qui font voir trouble, des implants contraceptifs qui perforent l’utérus, des prothèses de hanche qui empoisonnent le sang, des batteries de pacemaker qui tombent en rade". Il y a aussi le scandale des prothèses mammaires PIP qui avaient des fuites.

800 problèmes par an en Belgique

En Belgique, près de 4000 incidents liés à des implants ont été recensés depuis 2013. "4000 sur cinq ans, ça fait 800 par an. Je pense qu’on doit implanter entre 20.000 et 30.000 prothèses totales de hanche par an, plus de 100 000 implants intraoculaires et peut-être une dizaine de milliers de prothèses mammaires, donc c’est normal qu’avec plusieurs centaines de milliers d’implants implantés par an, on ait quelques centaines de complications, voire quelques milliers", nuance Jean-Luc Nizet, responsable du service chirurgie plastique au CHU Liège.

Tout dépend donc selon lui où on place la barre des complications. "Est-ce une complication vitale, donc avec des effets extrêmement toxiques pour les patients ou est-ce une complication qui a pu être gérée ?", demande le spécialiste. Un implant est un corps étranger, dès qu’on implante un corps étranger dans le corps, il y a une réaction normale immunitaire contre l’implant, justifie le chirurgien. "D’autre part, dès qu'on met cet implant, on peut avoir une infection, un hématome. Donc, qu’il y ait des complications liées aux implants ne m’étonne pas du tout."

En Belgique, nous avons une petite particularité. Tous les cas ne sont pas rendus publics par l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé, histoire de ne pas effrayer les patients. L’un des directeurs de l’agence, Hugues Malonne, interrogé par le Consortium, estime que seulement 10 à 20% des incidents sont rapportés.

Manque de contrôle

Ce que le Consortium pointe aussi c'est le placement d'implants sans être forcément passés par la case test cliniques. Un exemple concret : des journalistes ont fait un petit test. Elles ont crée une société afin de proposer un nouveau contraceptif. En réalité, ce contraceptif, était le filet en plastique qui emballe certaines mandarines. Invraisemblable et pourtant, cela a fonctionné.

"On a envoyé un exemplaire de la notice d'utilisation en français, un formulaire de déclaration et un copie de l'étiquette", explique l'une des journalistes à l'origine de cette expérience. Quelques semaines plus tard, elles reçoivent une réponse : "Ils disaient : 'Bonjour vous recevrez un accusé de réception, dès que nous aurons procédé à l'enregistrement de vos dispositifs médicaux. Toutefois, vous n'avez pas besoin d'attendre ce document pour faire la mise sur le marché de vos dispositifs médicaux'."

C'est la seconde partie de la phrase qui pose problème. En gros, les experts en charge des test de cet implant pour le moins original ont permis aux journalistes de le commercialiser alors qu'il n'avait pas encore été testé, il était reconnu comme contraceptif sans même avoir été vu.

L'Agence fédérale des médicaments (AFMPS) réagit

L'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) a réagi à cette annonce dans un communiqué. Tout en soulignant que la sécurité du patient reste sa première priorité, elle indique que "chaque incident est un incident de trop". 

Archive : Journal télévisé 14/09/2012

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK