Immunité naturelle et réinfections au Covid-19 : que disent les études sur la question ?

Une nouvelle étude anglaise, soutenue par les instituts publics de santé anglais et écossais, vient confirmer les données déjà existantes concernant l’immunité naturelle développée suite à une infection au Covid-19 : chez la plupart des individus, le taux d’anticorps est suffisant pour avoir une immunité qui peut durer au moins 6 mois, voire 7 mois selon cette nouvelle étude publiée sur The Lancet.

Les chercheurs ont suivi une cohorte de 25.661 personnes, du personnel d’hôpitaux publics de toutes les régions d’Angleterre, afin de mesurer leur taux d’anticorps durant 7 mois, et d’évaluer leur taux d’exposition au virus et leurs symptômes via des questionnaires. La cohorte était divisée en deux catégories : une dite positive, constituée de personnes déjà infectées par le coronavirus, et l’autre dite négative, avec des personnes qui ne possèdent pas d’anticorps Covid-19 lors du début de l’étude en juin 2020. Lorsqu’une personne est positive à un test PCR, elle est transférée dans la cohorte positive 21 jours après le test (ou lorsque les anticorps apparaissent, ce que l’on appelle le phénomène de séroconversion).

Ces personnes ont été suivies jusqu’en décembre 2020, et l’analyse des résultats en a déduit qu’une infection au Covid-19 offrirait une immunité efficace contre de nouvelles infections, pour une durée médiane de 7 mois.

*La médiane est une alternative moins biaisée que la moyenne pour avoir une idée de la durée la plus probable : 50% des personnes ont eu une immunité plus courte, 50% une immunité plus longue.

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Fréquence de tests positifs dans la cohorte SIREN (The SARS-CoV-2 Immunity and Reinfection Evaluation study), de mars 2020 à janvier 2021 © Hall et al, 2021

Quel est le risque de réinfection ?

On le voit sur le graphe ci-dessus : 155 personnes de la cohorte positive ont été réinfectées (2 probables et 153 possibles) , ce qui a permis d’estimer la durée médiane de la protection immunitaire naturelle (c’est-à-dire qui n’est pas une réponse immunitaire suite à un vaccin).

Plusieurs études ont démontré que certaines personnes infectées par le coronavirus continuaient de porter le virus des semaines, voire des mois après l’infection (sans être nécessairement symtômatiques ni contagieuses). Sans symptômes, il est donc parfois difficile de savoir s’il s’agit d’une vraie réinfection lorsqu’un test PCR est positif un certain temps après une première infection.

Officiellement, cinq cas de réinfections ont été scientifiquement documentés dans le monde, ce qui ne signifie pas qu’il y en a plus : beaucoup de réinfections peuvent être asymptomatiques, doivent difficilement détectables.

Question de mutations

Vu les limites des études cliniques en conditions réelles, il est impossible de connaître précisément la durée de l’immunité chez chacun d’entre nous : l’analyse des données de cohorte nous donne donc une durée "la plus probable" possible (entre 4 et 7 mois, selon les études), mais avec des variations propres à chaque individu et situation. Une personne covid avec des symptômes sévères développe souvent un taux d’anticorps plus élevé qu’une personne légèrement symptomatique.

Ces derniers mois, plusieurs variants sont devenus majoritaires dans plusieurs pays : les études actuelles ne permettent pas encore de savoir si l’immunité naturelle d’un certain variant va nous protéger d’un autre, les mutations induisant des modifications dans la structure 3D du virus (donc potentiellement sur des sites de reconnaissance des anticorps, aussi appelés sites antigéniques). Mais l’étude anglaise semble montrer qu’une réinfection au variant anglais ne serait pas plus probable qu’au virus "originel".

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