Imitant la série Squid Game, des enfants s'adonnent à des jeux violents dans la cour de récré : une école tire la sonnette d'alarme

C'est la nouvelle série phénomène sur Netflix. Squid Game, thriller sud-coréen, fait un carton dans le monde entier. Une série particulièrement violente, dans laquelle les personnages s'adonnent à des jeux du type "1,2,3 soleil". Sauf que si l'un bouge, il est exécuté. 

Le hic, c'est que ces scènes donnent des idées de jeux malsains à des enfants qui imitent la série dans la cour de récréation.

A l'école communale d'Erquelinnes, des enfants racontent : "Des élèves jouent à 1-2-3 soleil et si l'un d'entre eux bouge, il se fait fouetter avec un cordon". 

Ils se font fouetter avec un filet

La direction de l'école tire la sonnette d'alarme, dans un message Facebook adressé aux parents : "Nous sommes très vigilants pour que ce jeu malsain et dangereux soit stoppé ! Nous comptons sur votre soutien et collaboration pour sensibiliser vos enfants aux conséquences que cela peut engendrer (...) Des sanctions seront prises vis-à-vis des enfants qui continueront ce jeu". 


►►► Lutte contre le harcèlement scolaire : une cour régulée pour des récréations apaisées


Suite aux événements, les enseignants ont rassemblé les enfants pour les sensibiliser aux dangers de ce genre de comportements. "On a dû toute suite agir" explique Maélys Lequeux, enseignante en 5ème et 6ème primaire.  "On a réuni les enfants, on a discuté. On leur a expliqué que c’était dangereux, que ça ne devait pas se reproduire dans une cour de récré ni même à la maison (…) Ils se sont remis en question. J’ai vu chez certains des remords. Je pense que maintenant, ils ont compris". 

La série est cool mais faire ça dans la vraie vie, ce n'est pas très sympa

Dans la classe, beaucoup d'enfants âgés entre 11 et 12 ans admettent avoir regardé la série, bien qu'elle soit interdite aux moins de 16 ans. De nombreux extraits circulent sur Youtube et Tik Tok. "La série est gore, avec beaucoup de sang" réagit Gabriel. Pour Youri, "la série est cool mais la refaire dans la vraie vie, ça peut blesser voire même tuer!".

La direction, de son côté, remercie les équipes pédagogiques d'avoir pris le problème à bras le corps. "Il n’y a pas eu de blessure grave heureusement, mais c’est déjà dramatique pour les enfants. Les enfants viennent à l’école pour être en sécurité, pas pour recevoir des coups" assène Sabrina Caci, directrice de l'école communale d'Erquelinnes. 

Je ne peux pas contrôler tout ce qu'elle regarde

A la sortie de l'école, les parents admettent qu'il est difficile de contrôler ce que font leurs enfants sur les réseaux sociaux ou dans leur chambre.  "Ma fille a la TV dans sa chambre. Je ne peux pas vérifier tout ce qu'elle regarde", lance une maman. Un peu plus loin, une autre maman ajoute : "Pour moi, ce n'est pas 'que' la faute de Netflix. C’est la société en elle-même qui va mal. Partout, les gens deviennent agressifs, que ce soit dans les magasins, dans la rue".  

Des parents conscients qu'il est, avant tout, essentiel de pouvoir parler avec leurs enfants de ces nouveaux contenus et des dérives qu'ils peuvent provoquer.  

Un groupe d'enfants, ce n'est pas le pays des bisounours

Bruno Humbeeck, psychopédagogue à l'UMons, temporise : "C'est quelques chose qui a toujours existé. Un groupe d'enfants, ce n'est pas le pays des bisounours. L'agressivité peut se mettre en place très facilement si les adultes ne sont pas présents pour la gérer". 

Mais comment la gérer? "Il ne s'agit pas simplement de sensibiliser en faisant circuler des émotions autour de ce qui a été vécu. L'accès aux écrans est surmultiplié, les réseaux sociaux créent aussi leurs difficultés. Les adultes doivent vraiment mettre en place des systèmes pour que les enfants comprennent qu'on ne peut pas faire société sans des lois" ajoute le psychopédagogue.

A l'école communale d'Erquelinnes, la situation semble néanmoins s'être apaisée depuis la sensibilisation mise en place par les professeurs, et la menace de sanctions. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK