"Il y avait un mélange de classicisme et d'originalité chez Fabiola"

On sait que la défunte Reine souhaitait des funérailles les plus sobres possibles et n'appelait donc pas à l'organisation de funérailles nationales en son honneur. Et si des funérailles nationales sont cependant organisées, leur déroulé devrait refléter la personnalité de la reine Fabiola, estime Vincent Dujardin. Cette dernière "était à la fois classique et à la fois capable de surprendre", a précisé l'expert de l'UCL. Sa capacité à faire montre de spontanéité s'était manifestée très tôt. 

"Dès 1961, un hebdomadaire avait titré ‘La Reine qui a tué le protocole’, car elle tutoyait le Roi par exemple ou qu’elle s’adressait sans les formes aux autres têtes couronnées ou à la population. Ou lorsqu’en 1993, pour les funérailles du Roi Baudouin, on avait découvert une reine vêtue de blanc. Il y avait un mélange de classicisme et d’originalité" chez Fabiola, a rappelé l'historien.

Requête liée à ce souhait de funérailles sobres, la Reine avait choisi un cercueil modeste, et demandé à ce qu'il soit posé à même le sol en signe d’humilité. Mais cette dernière aura, comme vous le savez, bien droit à des funérailles nationales. Nationales et pas d'Etat. Mais quelle est la différence?

Vincent Dujardin explique qu'en réalité, la différence est plus dans l'intention derrière l'appellation mais que dans la forme, funérailles d'Etat et nationales sont quasiment identiques.

"Dans des funérailles d’Etat, il y a le drapeau belge, la Brabançonne, la présence de membres du gouvernement fédéral, de membres de la famille royale, les honneurs militaires, etc.". Toutes choses que l'on retrouve également dans des funérailles nationales. 

"Mais on parle de funérailles nationales lorsque l’on veille à ce que la nation belge se sente davantage impliquée". Cette fois d’ailleurs, des places sont prévues pour les quidams au sein de la Cathédrale Saint-Michel et Gudule. Et un maximum a été fait pour que la population puisse exprimer une dernière fois ses hommages à la Reine. 

Des hommages et une mémoire qu'aucune polémique politique ne semble devoir perturber. Même la N-VA que l'on sait pourtant républicaine et séparatiste "a joué le jeu fédéral", relève Vincent Dujardin. Tout semble donc sous contrôle. "Le chef du protocole du ministère de l’Intérieur est quelqu'un de très expérimenté qui a déjà organisé des funérailles nationales et d’Etat auparavant", précise notre invité à ce sujet.

Les discours prononcés hier à la Chambre ont aussi traduit cette volonté de respect du protocole et d'éviter les esclandres, "notamment celui de Siegfried Bracke (président de la Chambre, N-VA, ndlr) qui était un discours sur lequel il n’y a aucune remarque à faire. Le jeu fédéral a été joué".

RTBF

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