7000 kinés de plus en quatre ans en Belgique: trop? Axxon réclame un cadastre

La Belgique est le pays de l'OCDE qui compte le plus de logopèdes par 1000 habitants (9,9) et arrive en quatrième position en ce qui concerne le nombre de kinésithérapeutes (1,91/1000 habitants), relèvent les Mutualités chrétiennes (MC) vendredi dans les journaux L'Avenir, Het Nieuwsblad et De Standaard. Les MC plaident dès lors pour une limitation du nombre de formations dans ces filières.

Cette suroffre de logopèdes et kinés entraîne une augmentation constante des remboursements dans ces deux branches, constatent les MC. Entre 2008 et 2016, les dépenses concernant la logopédie à l'Inami sont passées de 58,79 millions en 2008 à 99,79 millions d'euros en 2016. Le coût de la kinésithérapie est quant à lui passé de 495,87 à près de 730,53 millions d'euros sur la même période.

"Les dépenses augmentent de manière spectaculaire depuis 2012. Les pourcentages de croissance sont intenables, avec un taux de croissance des soins de santé imposé à 1,5% par an. Les dépenses en logopédie augmentent de 6 à 7% par an!", alerte le secrétaire général des MC, Jean Hermesse, dans les colonnes du journal L'Avenir.

Régler le problème "à la source"

Les MC plaident dès lors pour une limitation du nombre de formations, afin que le problème soit réglé "à la source". Une telle limitation pourrait se faire par le truchement de l'introduction d'un examen d'entrée.

Du côté d'Axxon, l'association représentative des kinésithérapeutes en Belgique, on plaide également pour que le problème soit pris à bras-le-corps alors que la Belgique compte plus de 33.000 kinés, soit 7000 de plus en quatre ans, une dernière augmentation annuelle de 7%: "c'est un flux entrant très important pour une profession qui n'est pas encore très vieillissante. Le nombre de prestations augmente et c'est toujours un médecin qui les prescrit, analyse Patrick Wérrion.

Le Président de l'aile francophone d'Axxon, la seule association professionnelle représentative, a demandé depuis longtemps un cadastre: "un cadastre au niveau de la santé publique pour voir qui fait quoi où et pour voir si cela correspond à un besoin, voir aussi si à certains endroits, il n'y a pas pléthore. Et à d'autres, nous remarquerons aussi que l'offre est insuffisante. Il faudra alors tenter de redistribuer les prestations."

Un peu comme les médecins, au fond... "Sur le terrain, j'entends des kinés me dire qu'ils ont peu de confrères autour d'eux et qu'ils ont beaucoup de travail. Mais j'entends aussi et certainement dans les milieux urbains des kinés qui se retrouvent avec des collègues toutes les trois rues!"

Au nord du pays, la ministre flamande de l'Enseignement, Hilde Crevits, indique que l'instauration d'un examen d'entrée "n'est actuellement pas à l'ordre du jour".

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