Il y a toujours plus de caméras de surveillance, et la vie privée?

Caméra de surveillance
Caméra de surveillance - © Eric Petitalot (belpress)

En deux ans, le nombre de caméras a été multiplié par 3. La commission de protection de la vie privée s'interroge sur cette croissance, surtout que ces caméras de surveillance sont parfois utilisées de manière illégale.

C’est vrai dans certaines entreprises ou chez des particuliers, mais c'est aussi vrai du côté de la police ou des communes.

Les 18.000 caméras de surveillance autorisées se trouvent majoritairement dans des espaces fermés, magasins, entreprises, parkings, métro.

Les pratiques illégales concernent des employeurs qui surveillent leur personnel, la police qui utilise des caméras dans des voitures de patrouille ou des hélicoptères alors que les caméras doivent être fixes, qui se connecte aux caméras de particuliers ou d'entreprises. Il est interdit aussi de cacher des caméras dans les képis, les lunettes ou l'uniforme.

La loi de 2007, qui a presque cinq ans, a besoin d'être remise au goût du jour.

En général, les images ne sont pas gardées au-delà du délai légal d'un mois et les usages impropres ne sont pas très répandus. Stefan Verschuere, vice-président de la Commission de protection de la vie privée: "Il s’agit par exemple de savoir si un particulier a le droit de filmer le trottoir ou pas. Donc la Commission répond à cet égard que s’il filme sa porte d’entrée pour protéger son bâtiment, un bout de trottoir peut être filmé mais ce bout de trottoir doit être réduit au minimum. Autre question qu’on nous pose, c’est de savoir, par exemple, si dans les grands magasins qui ont un système de vidéo-surveillance, les images peuvent être rendues accessibles au public, aux clients. Est-ce que les clients peuvent voir en temps réel les images qui défilent ? La réponse est clairement non. Cela doit être réservé bien entendu aux responsables qui traitent les images et aux agents de sécurité. Autre question qu’on nous pose, par exemple, c’est de la part des autorités de police : savoir si les caméras intégrées dans les képis, dans les uniformes, dans les boutons des uniformes, dans les lunettes sont aujourd’hui permises par la loi. La Commission répond non. Si le législateur veut que cet usage soit permis, il doit adopter de nouvelles mesures. Aujourd’hui, ce n’est pas permis. Donc voilà, on répond à une série de questions, surtout pour prévenir des usages abusifs plutôt que pour les identifier et les dénoncer."

Anina Meeus

 

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