Il y a deux ans, les attentats du 22 mars: le récit d'une journée qui a marqué la Belgique

Il y a deux ans, le mardi 22 mars 2016, peu avant 8h, deux kamikazes de l'Etat islamique (EI) se font exploser dans le hall des départs de l'aéroport de Bruxelles-National à Zaventem. L'attaque marque le début d'une longue et effroyable journée. Une heure plus tard, c'est dans le métro bruxellois, à hauteur de la station Maelbeek, qu'un troisième terroriste déclenche la bombe qu'il transporte dans son sac à dos. Trente-deux personnes sont tuées et 340 autres sont blessées dans ces deux attentats successifs.

Trois terroristes, Ibrahim El Bakraoui, 29 ans, Najim Laachraoui, 24 ans, et Mohamed Abrini, alors âgé de 31 ans, embarquent ce matin-là à Schaerbeek dans un taxi, avec leurs sacs de voyage remplis d'explosifs, à destination de Brussels Airport. Quelques jours auparavant, le 18 mars, Salah Abdeslam, l'un des terroristes les plus recherchés en Europe pour son implication présumée dans les attentats de Paris, avait été arrêté à Molenbeek après une longue cavale de plus de quatre mois.

Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui périssent tous deux dans les explosions du hall des départs de l'aéroport mais le troisième homme, Mohamed Abrini, est propulsé par le souffle des déflagrations et ne parvient plus à revenir à proximité de sa valise. Il laissera finalement son bagage rempli d'explosifs sur place et prendra la fuite, perdu au milieu du flot de voyageurs affolés. Il retournera ensuite à pied vers Schaerbeek.

Une heure plus tard, à 9h11, un autre kamikaze, Khalid El Bakraoui, 27 ans, le frère d'Ibrahim, se fait exploser à une dizaine de kilomètres de l'aéroport. Cette fois, c'est une rame qui vient de quitter la station de métro Maelbeek qui est touchée, à proximité du quartier européen de Bruxelles. Au moment de l'explosion, le métro est bondé de passagers qui se rendent au travail. Comme à Zaventem, on dénombrera plusieurs morts et de nombreux blessés.

Menace au niveau maximum

L'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam), qui évalue le niveau de la menace dans le pays, décide de l'élever à son maximum. Le niveau passe donc de 3 à 4. La population est invitée à rester chez elle. La capitale est partiellement bloquée par le ballet des ambulances et des véhicules transportant les équipes des services de secours, dont les sirènes hurlantes sont audibles un peu partout dans la ville.

Les blessés sont transportés dans différents hôpitaux bruxellois mais aussi ailleurs en Belgique. Des corbillards évacuent les corps sans vie.

Le chauffeur de taxi qui a conduit les trois terroristes à Zaventem se rend le matin même à la police. A la suite de ses déclarations, les enquêteurs perquisitionnent la planque du groupe de l'aéroport, située dans la rue Max Roos à Schaerbeek, et découvrent du matériel servant à fabriquer des explosifs.

C'est aussi le jour des attentats, dans le courant de l'après-midi, que sera diffusé un avis de recherche pour retrouver "l'homme au chapeau", sur la base des images des caméras de surveillance de l'aéroport. Le troisième homme de l'aéroport sera identifié quelques jours plus tard comme étant Mohamed Abrini, déjà recherché dans le cadre des attentats de Paris, et arrêté le 8 avril à Anderlecht.

Ce même 8 avril, Ossama Krayem, âgé de 23 ans à l'époque, sera également appréhendé par la police. Sur des images de vidéosurveillance, on l'aperçoit en compagnie de Khalid El Bakraoui dans la station de métro Pétillon, quelques minutes avant l'attentat de Maelbeek. Lui aussi devait se faire exploser, mais il y renoncera à la dernière minute, avant de dissoudre les explosifs dans la cuvette des toilettes de la planque du groupe du métro, située dans l'avenue des Casernes, à Etterbeek.

Ces attaques, les plus sanglantes commises à ce jour sur le sol belge, seront revendiquées le jour même par l'organisation terroriste Etat islamique.

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