Il y a 65 ans, le camp d'Auschwitz était libéré

Les sirènes d'Auschwitz retentiront à nouveau à 14H30 (heure locale, 13H30 GMT), pour marquer le début des cérémonies dans ce qui fut le plus grand camp d'extermination érigé par l'Allemagne nazie en Pologne occupée.

De 1940 à 1945, environ 1,1 million d'hommes, de femmes et d'enfants, dont un million de Juifs d'Europe, ont péri en ce lieu.

Les participants aux commémorations se sont recueillis devant le mémorial de Birkenau, pour réciter le kaddish (la prière juive aux morts) et des prières oecuméniques, et pour entendre des discours officiels.

Dans la matinée, le Congrès juif européen a tenu une conférence à Cracovie, dont Auschwitz est distant d'une cinquantaine de kilomètres. Les présidents américain Barack Obama et russe Dmitri Medvedev y ont adressé leurs messages, diffusés par vidéo.

Cependant, des ministres européens de l'Education réfléchiront sur la façon d'enseigner aux jeunes la leçon à tirer d'Auschwitz. L'inauguration d'une exposition russe sur la libération du camp rappellera cette journée du 27 janvier, déclarée par l'ONU Journée internationale du souvenir des victimes de l'Holocauste.

Le plus grand et le plus meurtrier de tous les camps d'extermination et de concentration nazis, Auschwitz-Birkenau est le seul à avoir été préservé tel qu'il avait été abandonné par les Allemands en fuite devant l'Armée rouge.

D'autres camps d'extermination installés en Pologne, tels Sobibor, Treblinka ou Belzec, ont été complètement détruits par les nazis pour en effacer toutes traces.

A Auschwitz-Birkenau, les ruines des chambres à gaz et des fours crématoires continuent à terrifier les visiteurs, autant que les 300 baraquements qui s'étendent à perte de vue sur un terrain de près de 200 hectares.

En 2009, un nombre record de 1,3 million de personnes ont visité le musée.

Shimon Peres réclame le jugement des participants à l'Holocauste

Le président israélien Shimon Peres a appelé mercredi au jugement de tous les participants à l'Holocauste, dans un vibrant discours devant le Parlement allemand à Berlin.

S'exprimant en hébreu, à l'occasion de la journée internationale de commémoration de l'Holocauste, le prix Nobel de la paix 1994 a évoqué des souvenirs d'enfance, et notamment son grand-père brûlé vif par les nazis.

"Les survivants de l'Holocauste disparaissent progressivement du monde des vivants (...) et dans le même temps, des hommes et des femmes qui ont pris part à la pire des actions sur Terre -- celle du génocide -- continuent à vivre en Allemagne et en Europe, et dans d'autres parties du monde", a-t-il lancé.

"Je vous le demande: s'il vous plaît, faites tout ce qui est possible pour les traduire en justice", a-t-il ajouté, devant notamment son homologue allemand Horst Köhler et la chancelière Angela Merkel, qui commémoraient le 65e anniversaire de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz.

Âgé aujourd'hui de 86 ans, Shimon Peres a raconté qu'il se souvenait encore de la voix de son grand-père qui l'a mis à l'âge de 11 ans dans un train pour qu'il s'échappe.

"Je me souviens de la façon poignante dont il m'a embrassé. Je mesouviens de ses derniers mots et l'ordre qui est sorti de sa bouche: 'mon garçon, reste un Juif à jamais'", a-t-il raconté.

"J'ai continué à regarder mon grand-père jusqu'à ce qu'il disparaisse de ma vue. C'est la dernière fois que je l'ai vu", a-t-il poursuivi.

Son grand-père a été ensuite tué dans l'incendie de la synagogue de son village, dans l'actuel Bélarus, où les nazis avaient enfermé toute la communauté juive. "Il n'est resté que des cendres de cette communauté, il n'y a eu aucun survivant", a précisé le président israélien.


M.D avec l'AFP

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