Il y a 40 ans, New York au bord de la faillite

Il y a 40 ans, New York au bord de la faillite
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Il y a 40 ans, New York au bord de la faillite - © wikimedia/NYC Archive

New York est passée à quelques heures de la cessation de paiement il y a 40 ans, plombée par sa dette, la crise et une gestion incertaine. Un épisode impensable aujourd'hui dont elle mettra 20 ans à se remettre.

À l'automne 1975, la capitale économique du pays se livre à des contorsions pour éviter le défaut de paiement. L'accumulation de déficits depuis plusieurs années et l'absence d'instruments de mesure financière efficaces ont été exacerbés par la crise pétrolière.

New York ne peut plus emprunter sur les marchés depuis avril, les grandes banques lui ont claqué la porte au nez. Le maire, Abraham Beame, un démocrate à la fibre sociale, ne leur a jamais inspiré confiance.

La crise s'est déjà transportée dans la rue. Des tonnes de déchets se sont amoncelés en pleine chaleur pendant une grève des éboueurs, inquiets pour leurs salaires.

Sauvée grâce à Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt

Mais le président des États-Unis Gerald Ford, un républicain, ne veut rien savoir. Le 29 octobre, il parle déjà de dépôt de bilan et assure qu'il mettra son veto à tout plan de secours éventuellement voté par le Congrès.

"Le président Ford voulait faire de New York un exemple. Il a refusé de les aider jusqu'à la dernière minute", estime Robert Polner, co-auteur du livre "The man who saved New York: Hugh Carey" ("L'homme qui a sauvé New York").

Il faudra que le président français Valéry Giscard d'Estaing et le Chancelier allemand Helmut Schmidt le pressent d'agir pour que les lignes bougent. Le président accorde finalement 2,3 milliards de dollars d'aide fédérale à New York le 26 novembre.

Mais pour New York, le chemin de croix ne fait que commencer. Des milliers d'employés municipaux sont licenciés, de nouveaux impôts sont votés, des dépenses d'investissement sont gelées.

"La ville n'est pas sortie de cette spirale avant les années 1990, où l'on pouvait toujours voir la détérioration des parcs, des routes, des écoles, du système de santé", considère Robert Polner.

Après 1975, New York, dont le modèle social, très investi dans l'éducation et la santé notamment, avait été pionnier, n'a plus jamais été gouvernée de la même manière. Aujourd'hui, "New York est une ville formidable, mais pour qui? Les gens aisés et très aisés."

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