Il y a 100 ans débutait la bataille de Passchendaele, le Verdun des Britanniques

Dans la plaine entre Dixmude et la Lys, il y a 100 ans, jour pour jour, les coqs se sont tus et la fumée des canons a obscurci le jour naissant.

Le 31 juillet 1917, à 5h50, des milliers de soldats — ils avaient 17, ils avaient 20 ans — sont partis à l’assaut des troupes allemandes près d’Ypres.

L'objectif est un lieu stratégique: le promontoire de Passchendaele. "Le jour a été choisi par le général Douglas Haig en fonction de différentes données qu’il avait en main, mais surtout par son envie d’avancer, de donner un grand coup, de pousser les Allemands dans leurs retranchements. Il sait que les Allemands, de l’autre côté des lignes, sont en train de se stabiliser. Le front dure déjà depuis presque 3 ans et il veut absolument essayer d’aller saborder les lignes allemandes et arriver jusqu’aux U-boots qui sont stationnés à Bruges. Malheureusement, ça prendra évidemment beaucoup plus de temps que voulu et ils vont s’embourber dans le carnage de Passchendaele", explique Marie Cappart, historienne.

Les soldats sont embourbés dans la pluie

La pluie complique la bataille. "La pluie va d’ailleurs, à un moment donné, empêcher les combats de se tenir tellement il fait mauvais, tellement il fait maussade. Et les bombardements rebondissent dans les trous de boue. Les soldats sont donc vraiment embourbés dans la pluie et n’y voient rien. Il pleut partout et ça rend le terrain de guerre quasiment impraticable".

La bataille durera plus de 3 mois, un demi-million de soldats y perdront la vie, dont la moitié de Britanniques qui considèrent Passchendaele comme leur Verdun.

"On estime à environ un demi-million de morts, tous belligérants confondus. Car il y aura également du côté des Allemands quasi autant de pertes que du côté allié. Du côté britannique on décomptera près de 250 000 victimes. Sans pouvoir les compter de manière précise, parce que, dans ces 250 000 hommes, il y en a 40 000 dont on ne retrouvera jamais les corps, en partie à cause des conditions affreuses du conflit et des bombardements qui font littéralement volatiliser les corps des soldats sur le champ de bataille", précise l'historienne.

Tout ça pour gagner au bout du compte 8 kilomètres sur la ligne de front.

Le reportage de Dominique Delhalle et Jean-Marc Vierset :

Page spéciale dans le JT 13h du lundi 31 juillet

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