"Il faut vraiment réveiller nos politiques parce qu'ils ne prononcent pas le mot 'climat'" selon Adélaïde Charlier

Le mouvement Fridays for Future prévoit une nouvelle grève mondiale pour le climat ce vendredi 25 septembre. Les jeunes du monde entier sont à nouveau appelés à se mobiliser contre l’insuffisance des réponses politiques au réchauffement planétaire.

A Bruxelles, où les grands rassemblements restent interdits en raison de l’épidémie de Covid-19, le mouvement Youth For Climate Belgium prévoit une action en comité restreint sur la place de la Monnaie. Dans le monde, ce seront 3000 points d’actions mis en place ce vendredi.

"On veut vraiment mettre en avant aujourd’hui les personnes et les espaces déjà touchés par l’urgence climatique parce qu’on parle trop souvent de notre futur ou de sauver le futur de notre génération" détaille Adélaïde Charlier coordinatrice francophone du mouvement Youth for Climate et invitée dans Matin Première ce vendredi. "Pourtant, les conséquences sont déjà présentes. Des personnes sont déjà en train de perdre leur endroit, leur environnement et même leur vie. Et donc c’est pour ça aujourd’hui qu’on veut mettre ça en avant, c’est une réelle urgence qu’on ne parle pas de demain".

La crise du coronavirus aura toutefois eu un impact positif sur le choix du monde de transport des Belges : "On a remarqué que les transports en vélo et les transports en plein air, c’est-à-dire dès qu’on peut marcher, etc. sont remis en avant. Par exemple moi dans ma ville à Namur, on circule beaucoup moins vite en voiture pour que les piétons et les vélos aient plus de place."

Cette nouvelle manifestation ne devrait pas être un one-shot selon Adélaïde Charlier : "On reste mobilisé. On a d’ailleurs été mobilisé durant la crise du Covid, c’était beaucoup plus difficile et différent parce que ce n’était pas physique. Du coup, on aimait partager avec nos citoyens. Mais on espère que c’est le début d’une reprise d’actions physiques si le corona nous laisse faire."

Plusieurs mois après le début des marches pour le climat, l’association Youth for Climate Belgium peut déjà observer des résultats : "Il y a déjà une conscientisation à un niveau international de l’urgence climatique. Il faut être informé par rapport à ce qu’il se passe c’est pour ça que les médias ont un rôle super important. Au niveau politique, on n’a probablement jamais autant parlé climat. Il faut vraiment réveiller nos politiques parce que sinon, ils ne prononcent pas le mot "climat". On parle aujourd’hui d’un Green Deal qui est un pacte pour faire face à l’urgence climatique. Oui, bien sûr, ce Green Deal n’est pas parfait. Vraiment, pour moi, je le vois comme un livre où il y a une belle couverture. Mais le livre n’est pas encore écrit. Il faut maintenant passer par l’écriture, commencer à écrire une page par une, et donc vraiment inventer. En Belgique, j’espère que dès qu’on aura un gouvernement, on pourra enfin commencer à travailler parce qu’on a des fichiers qui sont accumulés sur la table durant les négociations et il faut vraiment avancer. Depuis qu’on a voté, je n’ai pas vu énormément de changements à au niveau fédéral. Par contre, dans les provinces, dans les communes, on peut vraiment voir cette envie politique.

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