"Il est paradoxal de limiter le nombre de candidats médecins et aller en chercher à l'étranger"

"Il est paradoxal de limiter le nombre de candidats médecins et aller en chercher à l'étranger"
"Il est paradoxal de limiter le nombre de candidats médecins et aller en chercher à l'étranger" - © Tous droits réservés

Les résultats du test d'entrée en médecin sont tombés hier : 20% de réussite. Sur les 3376 candidat.e.s qui se sont présentés le 6 juillet dernier, 684 ont réussi.

Julien Nicaise, administrateur de l’ARES (Académie de Recherche et d’Enseignement supérieur) était sur le plateau de Jour Première à ce propos. Il admet que ce taux est relativement faible, mais équivalent à l'année dernière, et similaire aux résultats flamands, qui organisent cet examen d'entrée depuis près de 20 ans. a tourne entre 10 et 30 % en fonction des années, en fonction des sessions. Donc on est grosso modo dans des chiffres qui peuvent paraître assez logiques."

L'examen francophone est divisé en deux parties : une portant sur les matières de sciences dites exactes (chimie, biologie, math, physique), l'autre sur des matières plus portées sur le raisonnement, la communication, l'éthique et l'empathie. "Quand on regarde les résultats, effectivement ils sont meilleurs sur la deuxième partie que sur la première. La physique reste parmi les huit matières celle qui est la moins bien réussie par les étudiants ; même s’il y a un progrès par rapport à l’année dernière, on voit en tout cas que les résultats sont meilleurs en physique." commente l'administrateur.

Face aux critiques sur cette deuxième partie d'examen, Julien Nicaise tempère. "On constate que jamais — il y a vraiment un consensus dans la littérature internationale — on ne sélectionne les étudiants uniquement sur ce que je vais appeler les sciences dures. En disant, physique, chimie, biologie ça ne suffit pas. Il faut aussi mettre des compétences et évaluer des compétences de type plus humaines, le raisonnement, la communication, l’empathie."

Discrimination dès le secondaire ?

Pour la FEF, ce taux de 20% montre une mauvaise préparation des écoles secondaires et surtout, une discrimination en faveur des élèves qui sortent des "bonnes" écoles.

"Alors, je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils sont mal préparés, en tout cas sans doute qu’une partie d’entre eux sont mal préparés. Attention qu’ici on est en juillet, donc il faudra évidemment associer l’épreuve de septembre puisqu’il y a deux chances cette année ; c’est la grande nouveauté par rapport à l’année dernière. Ce n’est qu’à l’issue de septembre qu’on pourra évidemment tirer un bilan global sur le nombre de lauréats, 684 ici en juillet. Donc, je ne serais pas surpris qu’on dépasse plus ou moins le chiffre de 1000 sans doute en additionnant les chiffres de septembre. Je ne sais pas s’ils sont mal préparés, ce que l’on voit en tout cas ça c’est une évidence, c’est qu’ils n’arrivent pas tous nécessairement avec le même niveau de connaissances et de compétences en fonction de leur parcours dans le secondaire d’une part, en fonction aussi de la manière dont ils se sont préparés ou pas à l’examen d’entrée."

Le paradoxe des numéros INAMI

Et d'ajouter : "Notre enseignement secondaire montre quand même ses lacunes vis-à-vis de cet examen d’entrée en médecine, mais bien évidemment il y a une question de fond qui reste aujourd’hui d’actualité. On a un manque de médecins dans pas mal de spécialisations, on importe des médecins formés à l’étranger pour combler la pénurie grandissante et on limite aussi drastiquement les futurs médecins ici en Belgique francophone. Et donc, cet interpellant c’est un signal que l’on veut maintenir qui a un questionnement à avoir sur cette problématique aujourd’hui."

"Ça peut tout à fait paraître paradoxal, à l’heure d’aujourd’hui de limiter les candidats médecins, de limiter les numéros INAMI pour les Belges francophones tout en continuant à aller chercher des médecins à l’étranger pour répondre aux besoins en soins de santé en Belgique francophone."

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