"Il est absurde que notre culture soit représentée par la Wallonie ou par la Flandre"

"Il est absurde que notre culture soit représentée par la Wallonie ou par la Flandre"
"Il est absurde que notre culture soit représentée par la Wallonie ou par la Flandre" - © Tous droits réservés

Le contraste est assez saisissant entre notre pays et un pays qui a une vraie politique culturelle, une vraie stratégie de marque… comme la France, avec le Louvre-Lens, Metz-Pompidou, à l’international, le Louvre Abou Dhabi pour faire rayonner la culture française.

Chez nous, la culture a été la première compétence scindée, mais il a fallu des décennies avant qu’il y ait un accord de coopération culturelle entre la Flandre et la communauté française. Aujourd’hui la culture au sud du pays est éparpillée entre une structure fédérale — dite bicommunautaire pour ce qu’on n’a pas pu partager, La Monnaie, Bozar —, il y a la communauté française dont on parle surtout quand on se bagarre sur la répartition des subsides, et alors les régions qui essayent de sauver les meubles. 

François Gemenne, politologue à l'ULg et Sciences Po à Paris, nous explique comment la France est devenu ce mastodonte culturel. "Ne serait-ce qu’en termes de ressources financières, la France consacre chaque année plus de 1% du budget de l’État à la culture. Ça n’a l’air de rien plus de 1%, mais au regard des comparaisons internationales, c’est beaucoup. Et surtout, la France a fait de sa culture, de cette politique culturelle, un élément de diplomatie, ce qu’elle appelle son 'soft power ', sa culture et sa gastronomie."

La culture comme instrument diplomatique

"Ce sont des éléments d’influence de la France à l’étranger, et donc il n’est évidemment pas surprenant qu’elle cherche à influencer son voisin du nord immédiat. En Belgique, ce qui est frappant, c’est qu’on n’a pas du tout cette vision de la culture comme un instrument diplomatique. D’ailleurs, à l’étranger, notre culture est représentée soit par la Wallonie, soit par la Flandre, c’est-à-dire par deux entités qui — il faut bien le dire — ne représentent rien du tout à l’étranger, même en France."

"Je suis toujours surpris qu’on me demande si je suis francophone ou 'quelle langue parlent-ils encore dans le nord du pays, je sais bien que c’est une langue différente '. Les gens à l’étranger, même en France, n’ont aucune connaissance de notre structure fédérale et c’est la marque Belgique qui marche à l’étranger. Quelque part, il est donc un peu absurde de vouloir que notre culture soit représentée par la Wallonie ou par la Flandre. Il y a aussi — il faut le dire — cette déférence que l’on a en Belgique francophone par rapport à la France."

 

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