Hydroxychloroquine : "Aucun signal de surmortalité", mais la Belgique suspend aussi ses essais cliniques

L’Organisation mondiale de la santé a décidé ce lundi de suspendre les essais cliniques sur l’hydroxychloroquine, du moins "temporairement". Cela fait suite à une vaste étude parue dans la revue scientifique The Lancet.

Pour le professeur Mandeep Mehra qui a mené l’étude il n’y a aucun avantage à utiliser l’un de ces traitements. Le traitement serait inefficace, voire néfaste selon l’étude qui a analysé les données de 96.000 patients.

Ces essais cliniques menés par plusieurs pays sont petit à petit suspendus de toutes parts. Et la Belgique ne fait pas exception.

Analyser les données

Il est important de préciser qu’il s’agit d’une suspension "temporaire" et non d’un arrêt définitif. L’objectif est bien de prendre du recul et d’analyser les données jusqu’ici récoltées.

"En Belgique nous avons décidé de suspendre temporairement la recommandation d’administrer de l’hydroxychloroquine aux patients hospitalisés avec un covid-19", indique Nicolas Dauby, spécialiste des maladies infectieuses au CHU de Saint-Pierre.

Cette étude menée par The Lancet semble avoir jeté un pavé dans la mare. Nicolas Dauby fait savoir que "nous sommes en train d’analyser les données des patients qui ont reçu de l’hydroxychloroquine en partenariat avec Sciensano et l’Agence fédérale du médicament".

Des doses moins fortes en Belgique

Le spécialiste des maladies infectieuses se veut rassurant. En effet, "les doses que les patients avaient reçues dans l’étude de The Lancet étaient beaucoup plus importantes que celles administrées Belgique", pointe Nicolas Dauby. Et pour l’heure, on n’observe pas "de signal de surmortalité en Belgique".

Ainsi, si pour l’heure les données n’indiquent rien d’alarmant, "c’est le principe de précaution" qui prévaut.

Le problème, pointe plusieurs médecins en Belgique, c'est que "cette étude de The Lancet va trop loin dans ses conclusions par rapport aux données qui sont disponibles", indique Jean-Christophe Goffard, le directeur du service de médecine interne à Erasme. 

En Belgique, le médicament a été utilisé avec une extrême prudence, et "ceux qui ne remplissaient pas les conditions requises, n'étaient pas mis sous hydroxychloroquine", insiste de son côté le professeur Jean-Cyr Yombi, responsable des maladies infectieuses à Saint-Luc. 

Coup dur pour le professeur Raoult ?

Depuis le début de la crise du coronavirus, l’hydroxychloroquine, ce médicament normalement administré dans le cadre du paludisme, fait polémique. C’est le, désormais célèbre professeur Raoult qui en a fait largement la promotion. Soutenu par le président américain Donald Trump.


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Pour lui, cette suspension est une hérésie : "Comment voulez-vous qu’une étude foireuse faite sur les big data change ce que nous nous avons vu ? Nous avons fait 10.000 électrocardiogrammes", persiste le Professeur Raoult.

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