Huissier de justice, un métier qui n'est pas tous les jours facile

Ces derniers font partie de ces gens que l'on voudrait ne jamais rencontrer lorsqu'on a des dettes. C'est aussi ceux sur lesquels on compte beaucoup quand quelqu'un nous doit de l'argent et qu'il se fait réprimander dans le but de nous payer. Dans ce cas-là, ils nous donnent un très gros coup de pouce, les huissiers. 

On les imagine toujours en costume cravate, le visage austère, prêts à faire embarquer les meubles de la maison, ou à nous délivrer une citation à comparaître en justice. Ou encore, à nous faire payer dix fois plus cher une dette ou une facture qu'on a laissé traîner. L'an dernier, un Belge sur dix a fait l'objet de ce qu'on appelle une "procédure de recouvrement" (chiffres qui sortent du rapport annuel de la chambre nationale des huissiers de justice).

Thierry Deboulle, vice-président de la chambre des huissiers de Belgique, a donné quelques précisions sur le métier : "On donne les instruments aux politiques pour lutter contre le sur-endettement et l'endettement en général, et grâce aux bases de données dont nous disposons, nous avons effectivement des bonnes indications sur l'état de pauvreté de la situation. Par rapport à l'année dernière, la situation ne s'est pas empirée en Belgique, mais elle ne s'est pas non plus améliorée. En tout cas, le nombre d'actes signifiés n'a augmenté que sensiblement, mais la situation économique n'est pas pour autant meilleure".

Un métier où il y a plus d'hommes que de femmes

Il précise aussi qu'il y a plus d'hommes que de femmes dans le métier : "C'est un métier où il y a beaucoup d'hommes. Actuellement en tout cas, mais la tendance est en train de s'inverser, puisque quand on voit le nombre de candidats notamment qui passent les examens, et puis ceux qui réussissent, ce sont majoritairement des femmes, et quand on voit le nombre de stagiaires, ce sont principalement des femmes également. Ce n'est pas un métier facile tous les jours mais en tout cas, il faut avoir un amour des procédures, c'est ce qui doit privilégier le choix du métier. Comme ce n'est pas un métier facile, si on n'a pas le plaisir de jongler avec les procédures judiciaires, il vaut mieux s'orienter vers d'autres horizons ...

Nous sommes quelque part mal-aimés car nous sommes quelques fois obligés de faire certaines démarches qui sont parfois ingrates et désagréables, mais dans la majeure partie des cas, on essaie également d'avoir un rôle de plus en plus social vu la situation économique, notamment un rôle de médiateur".

Bientôt une signification électronique

"Le nombre de visites à domicile n'est pas en baisse malgré la signification électronique, qui n'est pas encore d'application. C'est un projet qui va être d'application sous peu. Il y aura toujours le législateur qui laisse la possibilité au huissier le libre choix en matière civile, notamment de procéder, s'il le désire, à la signification en se présentant au domicile du débiteur, ce qui pour nous est prioritaire dans de nombreux cas car ça permet un contact direct avec le justiciable, et c'est lors de ce contact que l'on peut soit évaluer la situation réelle dans laquelle se trouve l'intéressé ou alors trouver un terrain d'entente. 

Maintenant ce qu'on appelle le B to B, c'est le système de recouvrement des créances incontestées, où nous procédons d'abord à une sommation, ce qui nous permet d'évaluer la situation et parfois de clôturer un dossier si on estime que de toute façon c'est peine perdue pour le créancier de poursuivre et d'exposer des frais. Donc ce qui fait gagner considérablement en frais de justice pour les parties requérantes, mais également pour des débiteurs qui de toute façon ne pourraient pas assumer leurs dettes et d'un autre côté, il y a des expériences pilotes qui ont été poursuivies sur Bruxelles notamment où des huissiers se mettent à la disposition du justiciable pour tenter de trouver des solutions et voir comment on peut trouver des terrains d'entente avec des huissiers auxquels ils ont affaire".

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