Hugues Goosse (climatologue): "On va continuer quoi qu'il arrive à avoir des augmentations de températures"

Plus de 30 degrés en Norvège, 42,4° en Arménie, 48,2° en Californie, une cinquantaine en Algérie et 34,6° à Uccle, en Belgique : l'été 2018 a été marqué par de nombreux pics de chaleur à travers le monde. Des records de températures sont attendus ce vendredi en Europe. Cette "situation météorologique exceptionnelle" et "extrême" est-elle due au réchauffement climatique ? La question enflamme les débats. Hugues Goosse, professeur de climatologie à L’Université catholique de Louvain (UCL), était l'invité de Matin Première pour y répondre. 

L'expert s'est voulu mesuré : selon lui, canicules et sécheresses ne peuvent pas être attribuées "individuellement", et "de manière ferme et définitive au seul réchauffement climatique". Celui-ci augmente uniquement "la probabilité de ces événements", et leur intensité : "il parait naturel de se dire que si la température augmente de deux degrés, les jours les plus chauds vont être augmentés de deux degrés" a-t-il illustré. Mais "les problèmes peuvent commencer dès un demi degré" supplémentaire.

Feux de forêts, envolée du thermomètre... "Forcément, avec des températures de plus en plus élevées, les conséquences vont être de plus en plus graves [...] "ça commence et ça va aller en s'amplifiant, avec des températures qui vont continuer à augmenter."

On doit s’attendre à ce que dans le futur les températures continuent d’augmenter et arrivent à des valeurs jamais connues en Belgique.

Ces vagues de chaleur ne touchent pas seulement la Belgique et l'Europe, il s'agit d'un "problème global: "Ce que l'on voit ici est beaucoup moins grave que ce qui se passe dans le Sud. [...] Il y a une sorte de responsabilité des pays du Nord qui sont ceux qui polluent.

Hugues Goosse rappelle: "Ce que l’on fait aujourd’hui a un impact pour les décennie. Le CO2 émis pendant le siècle passé va continuer à entraîner des perturbations climatiques, augmenter les températures. On va continuer quoi qu'il arrive à avoir des augmentations de températures. Ce qu’il faut faire, c’est agir pour que cette augmentation soit la plus modérée possible."

Le climatologue a donné quelques solutions "avec des bénéfices à court et long terme". Parmi elles: diminuer la pollution des voitures "qui ont un impact sur l'ozone". Rejeter moins de CO2 diminue la pollution... mais aussi les embouteillages.

 

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