Un militant anti-TTIP devant le tribunal pour avoir piraté l'écran place De Brouckère

Hugo Périlleux Sanchez devant la Commission européenne à Bruxelles
Hugo Périlleux Sanchez devant la Commission européenne à Bruxelles - © Fabrice Gérard

Il devait comparaître comparaît devant le tribunal correctionnel de Bruxelles ce mercredi 5 septembre après-midi. L'audience est finalement reportée au 12 février 2019.

L'homme s'appelle Hugo Périlleux Sanchez, conseiller communal Ecolo à Watermael-Boitsfort, il milite contre les accords de libre-échange comme le TTIP et le CETA. Pour se faire entendre, il avait notamment piraté le célèbre écran Coca-Cola sur la place De Brouckère en compagnie de plusieurs activistes, c'était en juillet 2016.

Piratages en série

Hugo Périlleux Sanchez n'en était pas à son coup d'essai. Il avait déjà piraté un écran situé rue de la Loi en face de la Commission européenne et répétera l'opération place Stéphanie et à proximité de la foire agricole de Libramont.

À chaque fois, il parvient à accéder aux ordinateurs reliés à ces écrans et se trouvant à proximité. Défilent alors des images et informations dénonçant les traités de libre échange et la dérégulation de l'économie.

Il nous raconte comment il a accédé à l'écran de la place De Brouckère : "À cette époque-là, il y avait des échafaudages sur les côtés du bâtiment donc on a pu monter. Il y avait un ordinateur en-dessous de l'écran. On est entré dans l'ordinateur, il n'y avait pas de code et on a pu assez facilement changer le message pour mettre le nôtre contre le traité de libre-échange et pour appeler à la manifestation qu'il y avait à l'époque".

En août 2016, il est arrêté puis relâché après la perquisition de son domicile.

Jusqu'à 5 ans de prison et 800.000 euros d'amende

Refusant de donner le nom des activistes complices, il est aujourd'hui seul face à la justice. Les préventions retenues à son encontre sont le hacking, la fraude informatique et la dégradation de bien privé. Il risque une peine de 6 mois à 5 ans de prison et jusqu'à 800.000 euros d'amende.

Hugo Périlleux Sanchez, lui, se définit comme un défenseur des droits sociaux : "On comprend ces traités de libre-échange comme une des faces du capitalisme dans sa version néo-libérale avec les privatisations et les mesures d'austérité. Ces actions de détournement d'écran faisaient donc partie de ce large mouvement contre les traités de libre-échange".

Écoutez le reportage de Fabrice Gérard ci-dessous.

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