Hospitalisations pour cause de coronavirus : Marius Gilbert "préoccupé" à quelques jours de la 2e phase de déconfinement

La Belgique entamera ce lundi une deuxième phase de déconfinement avec, notamment, la reprise des marchés en plein air et une rentrée des classes pour certains élèves.

Mais l’épidémie de coronavirus n’est pas pour autant éteinte dans notre pays. Au total, 1966 personnes sont toujours hospitalisées pour cause d’infection au Covid-19, dont 81 au cours des dernières 24 heures.

Comme on le voit sur les graphiques ci-dessous, les nouvelles hospitalisations restent sous la barre des 100 par jour. Pas de quoi pour autant rassurer Marius Gilbert, invité du journal télévisé de 19h30 ce jeudi. L’épidémiologiste de l’ULB se dit "préoccupé et attentif" face à la situation.


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"Normalement, si on avait suivi la tendance à la décrue observée au cours des dernières semaines, on aurait déjà dû voir ce week-end encore moins d’admissions que ce qu’on a vu", observe-t-il.

Pour cet expert, les mesures entrées en vigueur le 4 mai, date de la première phase de déconfinement, "n’ont pas encore eu le temps de se traduire en termes d’hospitalisations puisqu’il faut autour de dix jours".

Dès lors, poursuit Marius Gilbert, "ce qu’on pense, c’est qu’au moment où on a annoncé le déconfinement, lors de la conférence de presse [du 24 avril], il y a déjà eu un effet de relâchement et c’est ce qu’on voit maintenant".

Une remontée du nombre de cas ?

Et l’épidémiologiste d’ajouter : "C’est ça qui nous préoccupe. On n’a pas encore dans ce signal l’effet du déconfinement lui-même. C’est dans les semaines qui viennent qu’on verra graduellement les effets de ces trois vagues successives de déconfinement."

Tout l’enjeu sera donc de limiter la transmission du virus pour éviter une deuxième vague, même si "on est au niveau le plus bas de la transmission qu'on a connu depuis extrêmement longtemps". Marius Gilbert estime qu’une remontée du nombre de cas est "vraisemblable". Mais, ajoute-t-il, cette remontée ne doit pas être "trop rapide" pour que les services de santé puissent la gérer efficacement.

Importance du port du masque

D’où l’intérêt de respecter les gestes barrières, à commencer par le port du masque. Celui qui est aussi membre du groupe d'experts chargés du déconfinement insiste : il faut en mettre un "chaque fois que vous êtes amenés à vous retrouver dans un lieu où vous ne pourrez pas maintenir la distance avec les autres".

Il est donc trop tôt pour crier victoire. Pour Marius Gilbert, "c’est difficile d’imaginer que ça n’augmente pas. Le grand point d’interrogation, c’est de savoir à quelle vitesse. C’est là-dessus qu’il va falloir garder un œil de façon extrêmement précise".

Et si le virus s’impose à nouveau, alors peut-être faudra-t-il "intervenir localement ou de façon plus large". Une hypothèse déjà évoquée ce mercredi par Sophie Wilmès, la Première ministre. Marius Gilbert conclut : "Je ne pense pas qu’on en arrivera là, mais il faut être extrêmement attentif dans les prochaines semaines."

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