"Hors normes": la réaction d'un centre bruxellois d'accueil pour personnes autistes

Le film "Hors normes" vient de sortir au cinéma
Le film "Hors normes" vient de sortir au cinéma - © Tous droits réservés

La fiction reflète-t-elle la réalité ? C’est la question posée aujourd’hui au centre d’accueil et d’hébergement "La Coupole bruxelloise de l’autisme", située à Jette. Hier, le personnel a pu voir le film "Hors normes", un long-métrage qui suit le quotidien de Bruno (Vincent Cassel) et de Malik (Reda Kateb). Le premier, juif, dirige une asbl qui héberge et prend en charge des adolescents et des jeunes adultes autistes. Le second, arabe, forme des jeunes (souvent déscolarisés) à devenir moniteurs ou accompagnateurs de vie pour ces autistes.

Des ressemblances troublantes

Un film "réaliste" et "juste", selon Farah Ayari, directrice du centre bruxellois. " C’est fidèle à notre réalité. Le profil des personnes accompagnées dans le film est exactement le même profil que nos bénéficiaires, c’est-à-dire des autistes avec une grande déficience intellectuelle et, pour la majorité, des troubles du comportement ", dit-elle. "C’est troublant, car certaines scènes sont tellement réelles, tellement ressemblantes avec ce que l’on vit ici !".

Des ressemblances, comme celle du manque de places évoqué dans le film. " Comme dans le film, on parle de listes d’attente. On a une liste d’attente d’environ 40 personnes, en sachant qu’on a que 15 places, sans sorties prévues, ni à court, ni à long terme… Donc oui, il y a un manque crucial d’institution pouvant accueillir les personnes autistes", ajoute la directrice.

"C’est vraiment un métier hors normes"

Mais il y a aussi quelques différences entre la fiction et la réalité, selon Fabian Hooft, chef éducateur. "Dans le film, les bénéficiaires sont pris en charge de manière individuelle. Un professionnel pour une personne autiste. Ici, on est très loin du compte. Dans les bonnes journées, on a un professionnel pour 4 à 5 résidents qui ont tous des besoins très différents. Il faut pouvoir s’articuler autour de tout ça. Plus de personnel pourrait nous permettre d’individualiser notre travail", regrette Fabian.

Et pour l’éducateur, le titre du film est particulièrement bien choisi : " On fait un boulot hors normes. On ne se rend pas bien compte du travail effectué ici. Il faut être soutenant vis-à-vis de ces équipes formidables, car elles ne sont pas souvent mises en lumière ", déplore Fabian.

Pour la directrice de l’établissement, le film "Hors normes" a aussi l’avantage de montrer une image plus réaliste des personnes atteintes d’autisme : "La majorité du temps, on voit des personnes autistes avec un haut potentiel. Bien entendu, les personnes qu’on accueille ont bien évidemment des dons, des particularités. Mais ce sont des profils bien plus dépendants et compliqués à accompagner. C’est différent de ceux qu’on nous montre la plupart du temps au cinéma (le virtuose, ou encore le génie mathématicien). Ce n’est pas ce qu’on voit dans notre quotidien. Par contre, dans "Hors normes", pour une fois, c’est juste, et fidèle à la réalité des centres", conclut Farah Ayari.

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