Homosexualité : quelle est la position des trois derniers papes ?

Dans un documentaire dévoilé mercredi, on apprend que le pape François est favorable à une union civile pour les couples homosexuels. Ce n’est pas la première fois que le pape s’exprime sur l’homosexualité. Le souverain pontife s’est tantôt montré progressif, tantôt très conservateur sur la question. Ses deux prédécesseurs étaient, quant à eux, très fermement opposés à l’idée d’une union entre couples de même sexe.

Le pape Jean-Paul II : pontificat de 1978 à 2005

Il est sans conteste le pape le plus conservateur. Il s’opposait à la contraception alors que l’épidémie du Sida faisait des ravages. Il s’opposait également à l’avortement et à l’insémination artificielle sans oublier l’homosexualité.

En 2000, le pape Jean-Paul II avait manqué de s’étrangler suite à l’organisation de la Gay Pride mondiale à Rome sur la place Saint-Pierre. Il avait décrit l’homosexualité comme "contraire à la loi naturelle". À l’occasion de la prière dominicale, il avait ajouté : "Au nom de l’Église de Rome, je ne peux pas ne pas exprimer l’amertume suite à l’affront fait au Grand jubilé de l’an 2000 et l’offense faite aux valeurs chrétiennes".

Le pape Benoit XVI : pontificat de 2005 à 2013

L’homme n’est pas plus favorable que son prédécesseur à l’ouverture du mariage aux couples homosexuels. Alors qu’il était encore cardinal, Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI, prend position sur le mariage pour les personnes de même sexe.

"Reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant […], mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité".

Le pape François : pontificat à partir de 2013

Avant même de devenir pape, Jorge Mario Bergoglio s’était exprimé en faveur de l’union entre deux hommes ou deux femmes. Mais peut-on réellement le considérer comme un allié de la communauté homosexuelle ? Ses déclarations sont souvent ambiguës.

Peu de temps après son élection, en juillet 2013, le pape François est dans un avion et donne une conférence de presse. Il dit alors cette petite phrase qui a donné beaucoup d’espoir : "​​​Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? ".

Quelques années plus tard, le pape François remet toutefois les points sur les i à propos du mariage. "Le mariage, c’est un homme et une femme. Ça, c’est le terme précis". Il propose alors d’appeler l’union d’un couple homosexuel union civile.

Il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie

Le 27 août 2018, le pape rentre d’une visite à Dublin. Dans l’avion, il répond aux questions d’un journaliste qui lui demande : "Que diriez-vous à des parents qui constatent l’orientation homosexuelle de leur enfant ?". Le pape répond : "Il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie".

Cette référence à la psychiatrie a beaucoup choqué. Elle ne se retrouve d’ailleurs pas dans la retranscription officielle publiée quelques jours plus tard. On rappelle à cet égard que l’OMS a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales en 1990.

En 2018, on peut lire dans un livre d’entretiens ceci : "Dans nos sociétés, il semble que l’homosexualité soit à la mode et cette mentalité, d’une certaine manière, influe aussi sur la vie de l’Église", avant d’ajouter : "C’est quelque chose qui m’inquiète".

Toujours en 2018, à la télé espagnole, François précise un peu plus sa pensée. Les "tendances homosexuelles" ne sont pas un péché en soi, à condition de respecter l’abstinence. "Les tendances ne sont pas des pêchés. Si vous avez une tendance à la colère, ça n’est pas un péché. Mais si vous êtes en colère et faites du mal aux autres, le péché est là."

Finalement, cette semaine, le documentaire "Francesco" du réalisateur Evgeny Afineevsky est diffusé à Rome. On y entend le pape déclarer à propos des homosexuels : "Ils ont le droit de faire partie d’une famille. Ce sont des enfants de Dieu et ils ont droit à une famille. Personne ne devrait être mis à l’écart ou rendu malheureux pour cette raison". Il précise aussi : "Ce que nous devons créer, c’est une loi sur l’union civile. De cette façon, ils sont légalement protégés. Je milite pour cela".

Ces propos semblent toutefois ne refléter que la position personnelle du pape. La doctrine catholique n'a pas évolué sur la question de l'homosexualité. Dans le Catéchisme de l’Église catholique, inchangé depuis 1990, on peut lire : "les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés" ainsi que "les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté".

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