"Hitler n'a pas tué assez de Roms": dérapage raciste d'un maire français

Ce champ appartient à la mairie de Cholet, et est loué par deux jeunes agriculteurs du coin. Pas d’autre endroit où se poser pour les membres de la communauté. Ils imaginent néanmoins qu’ils risquent de provoquer des ennuis aux exploitants du champ en question. C’est ainsi que, raconte Le Point, le porte-parole de la communauté propose aux agriculteurs de les dédommager, et demande à la mairie l’installation d’une benne à ordure. Il précise être prêt à payer pour ce service. Les agriculteurs, eux, s’étonnent que le maire ne mette pas à disposition des gens du voyage une aire de grand passage, comme il est d’usage dans d’autres communes.

Mais le maire de Cholet ne l’entendait pas de cette oreille : Gilles Bourdouleix, par ailleurs député de l’UDI, un parti centriste, voit rouge. Et débarque sur le champ en question. Mais de discussion constructive, il n’en a pas été question : le ton monte, et les propos se font durs. C’est à ce moment, témoigne un journaliste du Courrier de l’Ouest, que Gilles Bourdeleix lâche : "Comme quoi, Hitler n’en a pas tué assez".

Certes, le journaliste sur place, Fabien Leduc, concède que les propos ont été prononcés dans un contexte très tendu. Le maire a été apostrophé par des saluts nazis et des accusations de racisme. Mais il confirme, malgré les dénégations de Gilles Bourdouleix : ces paroles ont été prononcées telles quelles.

Le journal en produit d'ailleurs un enregistrement sur son site:

Gilles Bourdouleix se serait alors justifié : "Vous faire traiter de Hitler, vous croyez que c'est agréable ? On se fait injurier à longueur de temps. L'autre jour, ils me traitaient de pédophile. Alors qu'eux, la moitié des enfants sont entre pères, grands-pères…" Il y a mieux, comme défense…

Quoi qu’il en soit, les réactions indignées ne se sont pas fait attendre. Les utilisateurs des réseaux sociaux ont massivement relayé les critiques adressées à Gilles Bourdouleix.

Ses coreligionnaires de l’UDI ne se sont pas privés : beaucoup ont condamné ses propos. Son exclusion sera examinée mercredi, dit-on à l'UDI.

Le député maire n’en est pas à sa première altercation avec les gens du voyage, dont la caravane passe régulièrement à travers sa commune.

En 2012, il avait porté plainte pour " tentative de meurtre ", lorsqu’il avait lui-même interdit le passage des caravanes vers une aire de passage des gens du voyage.  En 2006, il avait par ailleurs lancé une pétition réclamant que les maires puissent intervenir en cas d’occupation illégale d’un terrain, compétence du préfet, en France.

La Ligue des Droits de l'Homme, elle, estimait par ailleurs, en 2010, que certains propos de Gilles Bourdouleix sont "une provocation à la haine raciale", et avait porté plainte contre le député-maire, s'appuyant sur "des déclarations sur les gens du voyages, tenues lors de réunions de quartier, en septembre dernier".

W. F.

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