1914-1918: "Albert Ier a été une figure tutélaire incroyable dans notre histoire"

Une fois n’est pas coutume, l’histoire franco-belge que nous raconte 'Juliette et Victor' dans son prochain numéro évoque la Première guerre mondiale, alors que les commémorations du 11-novembre s'ouvrent le mois prochain. Le magazine, qui célèbre d’ordinaire l’art de vivre des Français de Belgique, se penche sur un volet assez peu connu du conflit : l’attitude de la Belgique, et en particulier de son monarque de l’époque, Albert Ier (1909-1934).

"On ne parle pas beaucoup du rôle de la Belgique dans la Première Guerre mondiale, parce que d’une manière générale, la Belgique est assez timide par rapport à ses grands hommes, expliquait Aurélie Koch, la rédactrice en chef de Juliette et Victor, ce mardi matin au micro de Matin Première. Pourtant, selon la journaliste, Albert Ier était "un type assez incroyable". Son attitude "chevaleresque" durant la Première Guerre mondiale lui a même fait hériter du surnom de "roi-chevalier".

Je suis avant tout Belge

Pour Aurélie Koch, Albert Ier s’est d’abord illustré par son patriotisme : alors qu’il était le cousin de Guillaume II, l’empereur d’Allemagne, il refuse pourtant de le laisser passer par la Belgique pour attaquer la France en août 1914. "Il a dit : 'Je suis autant relié à l’Allemagne qu’à la France et je suis avant tout Belge, et si quelqu’un rentre dans mon territoire, je déclarerai la guerre' ", raconte Aurélie Koch.

Une décision qui aura pour conséquence l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes. Le roi, vêtu d’une tenue de général de campagne, se rendra alors à cheval devant le Parlement, en appelant les Belges à résister, car "un pays qui se défend s'impose au respect de tous, ce pays ne périt pas. J'ai foi en nos destinées."

L’autre grande vertu d’Albert Ier, selon Aurélie Koch, c’est son courage lorsque les Français et les Anglais lui ont conseillé de s’exiler durant le conflit. "Pas question, je reste", aurait-il déclaré d’après la rédactrice en chef. "Ça a été vraiment une figure dingue, une figure tutélaire incroyable dans notre histoire", s'enthousiasme Aurélie Koch.

On avait des timbres belges compostés à Saint-Adresse

Si Albert a refusé l'exil, ce n'est pas le cas du gouvernement, qui a pour sa part décidé de s'installer, pendant la guerre, à Sainte-Adresse, un petit village près du Havre, en Normandie. "Pour pour contourner le fait que ce soit un gouvernement exilé, ils ont loué la totalité du territoire pour que ce soit du coup un territoire belge qui reste avec une souveraineté belge, raconte Aurélie Koch. Si on voulait envoyer des courriers, on avait des timbres belges compostés à Saint-Adresse, il y avait un hôpital, il y avait une école, tout une administration incroyable", ajoute-t-elle.

L'immeuble Dufayel, encore visible de nos jours, abritera le gouvernement belge pendant quatre ans. Albert Ier s'y rendra plusieurs fois. Au coeur du village, une statue équestre du roi-chevalier trône désormais, "ce grand roi pour un grand peuple", conclut Aurélie Koch.

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