Heure d'hiver: quand l'Europe n'arrivait pas à régler ses montres

Les pays pourraient se décaler les uns les autres, en choisissant pour les uns de rester en heure d'été toute l'année, et les autres à l'heure d'hiver.
Les pays pourraient se décaler les uns les autres, en choisissant pour les uns de rester en heure d'été toute l'année, et les autres à l'heure d'hiver. - © Sebastian Kahnert - BELGAIMAGE

Le changement d'heure de ce week-end sera-t-il finalement le dernier en Europe ? En février dernier, le Parlement s'est montré favorable à sa suppression, rejoint par la Commission européenne en août. Les arguments invoqués en 1910, lors de l'introduction du changement d'heure, puis en 1976, lors de son rétablissement, ne sont plus d'actualité, selon les institutions : les économies d'énergie réalisées sont marginales. Pire : le système aurait des effets négatifs sur le sommeil des Européens.

Mais en proposant d'abandonner le changement d'heure, la Commission ne veut pas imposer aux Etats souverains le choix de l'heure à conserver. Conséquence : les pays pourraient se décaler les uns les autres, en choisissant pour les uns de rester en heure d'été toute l'année, et les autres... à l'heure d'hiver. Même si selon un porte-parole de la Commission européenne, une telle situation serait "surprenante".

Je partais à 7 heures de Belgique et j'arrivais en Allemagne à 7 heures

Pourtant, ce n'est pas la première fois que l'heure européenne serait décalée en fonction des pays. Car si la Belgique, par exemple, a établi l'heure d'été en 1977, ce n'est pas le cas de l'Allemagne de l'Ouest (RFA), qui a accepté le système en 1980. Durant trois ans donc, les Belges qui travaillaient en Allemagne devaient régler leur montre lorsqu'ils passaient la frontière en été. C'était le cas d'Henri Kohl, habitant de La Calamine, près de Plombières, dans la région des "Trois-Frontières". Cet ancien tourneur-fraiseur prenait la route chaque matin pour Aix-la-Chapelle, où il travaillait. "Je partais à 7 heures, heure belge, et j'arrivais à Aix-la-Chapelle à 7 heures !, s'amuse le retraité de 73 ans. Ça me faisait gagner du temps."

A l'époque, explique-t-il, beaucoup de frontaliers étaient dans la même situation, mais s'étaient très vite habitués. "Je ne changeais plus l'heure, je vivais à l'heure allemande, raconte Henri Kohl. J'ai pensé à avoir deux montres, mais ce n'était pas faisable." L'ancien ouvrier l'assume : "pendant trois ans, j'ai vécu avec l'Allemagne plus qu'avec la Belgique." Henri avait pris les choses avec philosophie : à part quelques problèmes éventuels d'horaires de bus, le décalage n'handicapait pas vraiment les habitants. "Pour recevoir quelqu’un, on se disait toujours qu’on était décalés d’une heure, mais sinon il n’y avait pas de problème", explique-t-il. 

Reste qu'une telle situation, aujourd'hui, pourrait avoir de fortes conséquences : notamment du côté du secteur de l'aéronautique. Les compagnies s'inquiètent d'un potentiel manque d'harmonie en Europe, qui poserait des problèmes d'organisation.

Charles Michel était interrogé ce matin sur nos antennes à propos du changement d'heure:

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